Verdun (55)


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Page de La Grande Guerre en Lorraine de Michel Jacquot, dernière m à j : vendredi, 19. décembre 2003 

La ville

La ville fut rattachée de l’Empire germanique au Xème siècle et comme Metz et Toul accueillait le siège d’une seigneurie épiscopale. La cathédrale de style « roman-rhénan » âgée de 1000 ans témoigne de cette culture germanique. Du IXème au XIIIème siècle, Verdun prospère, la vie intellectuelle et artistique y est très active.

Au début du XVIIème siècle une première citadelle inspirée d'Errard de Bar-le-Duc est érigée par Marillac puis confortée par Vauban vers 1670-1690. La ville y gagnera un solide rempart et un astucieux dispositif d'inondations défensives comptant trois 3 ponts-écluses.

En 1792, les Prussiens envahissent Verdun. La victoire française à Valmy libère la ville qui, moins d’un siècle plus tard, à nouveau investie par ces mêmes Prussiens est obligée de se rendre en 1870 après une résistance acharnée. Verdun renoncera à sa tactique de défense rapprochée et Séré de Rivières construira un double cordon de forts d’une longueur de 40 km centré sur la Citadelle et doté d'un réseau ferré souterrain.

La bataille de Verdun

La guerre s'est enlisée à l'est comme à l'ouest. Les Allemands, décidés à saper le moral de leurs adversaires et pour briser  l'attaque anglo-française prévue sur la Somme, veulent porter un coup décisif à l'armée française en l’attirant en un endroit qu’elle aura à cœur de défendre à tous prix. Hésitant entre Belfort et Verdun, c’est finalement la vielle citadelle qui est choisie pour saigner les troupes françaises.

Début 1916, les Allemands s’essoufflent dans cette guerre qui dure déjà depuis beaucoup plus longtemps que prévu. Leur commandant suprême, Falkenhayn, décide d’asséner un coup mortel à l’armée française en l’obligeant à se battre jusqu’au denier homme sur un territoire restreint auquel la France tient beaucoup. Plusieurs possibilités s’offrent à lui mais finalement c’est Verdun qui sera retenu. Il achemine secrètement 5 corps d'armée sur un front de quelques kilomètres et concentre là une pléthore de canons et d’obusiers de fort calibre. En vis-à-vis, la France aligne 1 CA composé des 72° et 51° DI qui subiront de plein fouet la monstrueuse canonnade du 21 février.


Verdun sinistrée
(Collection personnelle de Dominique Bac)

Dans les jours qui suivront, les Allemands vont progresser de plusieurs kilomètres et se rendront maîtres, par surprise, du fort de Douaumont qui comme tous les forts et batteries du secteur avaient été déposés d’une bonne partie de leur canons pour en prévision de la 1ère bataille de la Somme qui devait se déclencher le 1er juillet 1916. Le 25 février, après seulement 4 jours de cette bataille de Verdun, Pétain prendra le commandement à Verdun et réorganisera ses forces en 4 groupes dont 1 chargé de défendre la rive gauche de la Meuse entre fleuve et Argonne (Avocourt, Le Mort Homme, la côte 304, etc...). Il tentera, avec succès, d’améliorer les chances et les conditions de survies de ses troupes :

- Renforcement de l'artillerie lourde,

- Communications améliorées avec l'arrière avec l’organisation d’une noria de véhicules sur la petite route reliant Bar-le-Duc à Verdun( la Voie Sacrée ) et l’utilisation d’une ligne de chemin de fer secondaire du « Meusien ».

- Système plus équitable de la relève des unités combattantes.

En mars, les Allemands, surpris de la résistance française, cherchent à contourner l’obstacle par le nord-ouest et par l’est. Sans aucun succès notoire d’un camp ou de l’autre, s’ensuit une guerre de position et d’usure marquée de monstrueux duels d'artillerie et de coups de main.

En mai, Nivelle succède à Pétain.

En juin, le fort de Vaux tombe à son tour et les Allemands parviennent au pied du fort de Souville, après avoir ruiné totalement Fleury devant Douaumont où la bataille se concentrera 2 mois. Souville est le dernier verrou pour atteindre Verdun mais, enfin, la bataille de la Somme oblige les allemands à relâcher leur effort sur Verdun.

En octobre, Mangin attaque et Douaumont est à nouveau français à la fin de ce mois.

A compter de la mi-décembre 1916 le front a pris sa forme du 21 février, 380 000 Français dont 162 000 tués ou 101 disparus, 330 000 Allemands, dont 143 000 morts ou disparus, 20 millions d'obus tirés de part et d'autre, probablement des millions et des millions de balles de fusil ou de mitrailleuses n’auront strictement servis à rien.

(Source des chiffres : SHAT dans "Verdun, images de l'enfer" par Yves Buffetaut)

Carte du nord de Verdun (rives gauche et  droite)

Schéma du champ de bataille (nord de Verdun et rive  droite uniquement)

Une des batailles les plus célèbres commence le 21 février 1916 vers 7h15. 2 000 000 d’obus de tous calibres seront tirés 9 heures durant par les 1225 canons du Kronprinz disposés entre Sivry-sur-Meuse et Spincourt.
L’infanterie allemande croyant trouver le champs libre après ce déluge d’acier devra bien vite déchanter. Elle s'emparera le 25 février du fort de Douaumont, privé de son armement et pratiquement vide et, quelques mois plus tard, du Fort de Vaux.

Offensives et contre-offensives mortelles alterneront de mars à juillet, puis les français reprendront le terrain perdu, en décembre 1916 la bataille de Verdun cessera car les allemands comprirent enfin qu'à vouloir broyer l'armée française dans cette machine infernale c'est leurs propres forces qui y furent décimées.

Page en construction, veuillez m'en excuser


Tranchées à Verdun

(Collection personnelle de Dominique Bac)

La Citadelle


Entrée de la citadelle de Verdun
(Collection personnelle de Dominique Bac)

Autre photographies intéressantes


La porte Chaussée et le pont en 1877

 

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