Saint-Benoît-la-Chipotte (88)
Page de La Grande Guerre en Lorraine de Michel Jacquot, dernière m à j : lundi, 19. mai 2008
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La ville Saint-Benoît-la-Chipotte est au pied du col du même nom, à 8 Km au NE de Rambervillers. Le col de la Chipotte relie Rambervillers et Raon-l'Étape et donne également accès à Étival-Clairefontaine. Il fut le théâtre de violents combats fin août et une bonne partie de septembre 1914. Changeant de mains plusieurs fois, ce "Trou de l'Enfer" verra mourir 4 000 français durant cette première phase de la Grande Guerre qui précéda la guerre des tranchées.
1914 Bataille de la Mortagne Du 21 au 23 août 1914, après l’échec de Morhange, la 2ème armée du général de Castelnau retraite jusqu’au Grand Couronné de Nancy et sur la vallée de la Mortagne. La consigne de Joffre est de protéger Nancy et de fixer les Allemands en amont de la « fameuse » Trouée de Charmes, en liaison avec la 1ère armée du général Dubail occupant l’est du front jusqu’au sud de l’Alsace chargé d’éperonner le flanc allemand. Cette zone « libre » entre les places fortes de Toul et d’Epinal n’était volontairement pas défendue par le rideau de forts Séré de Rivières construit suite à la guerre de 1870-1871. Le 24 août, à l’orée de la bataille de Mortagne, 300 000 Allemands s’y précipitent et marchent vers la vallée de la Meuse pour prendre Verdun à revers via Commercy et Bar. Ils se heurtent alors à une troupe française légèrement moins étoffée en nombre. Les Allemands passent la Mortagne à Gerbéviller, le fort de Manonviller est pris sous le feu de mortiers de 420 mm et tombe le 27 août. Certaines unités allemandes brûlent des villes comme Lunéville et Gerbéviller (le 24 août) et commettent des exactions sur la population civile. Castelnau contre attaque sévèrement le 25 août et regagne une partie du terrain perdu allant jusqu’à la Meurthe et la Mortagne, Dubail reprend Domptail, Saint-Pierremont etc… Les jours suivants voient l’échec de la manœuvre allemande qui doit lâcher définitivement prise du Grand couronné aux Vosges à compter des 11, 12 et 13 septembre. Nancy sauvée, Saint-Dié et Lunéville délivrées, les Allemands se retranchent de la foret de Champenoux au Col de Saales. La guerre s’enterre pour 4 ans à partir d‘octobre.
Source de deux cartes : Ministère des Anciens Combattants et Victimes de Guerre
Le monument aux morts
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"De toutes parts, sauf dans l'Est, la situation s'aggrave. En Belgique,
l'ennemi a continué son mouvement en avant. L'armée anglaise s'est repliée
sur la ligne Valenciennes — Maubeuge. Un corps de cavalerie allemand a été
poussé sur Orchies, mais à l'est, bien que le Ier bavarois, le XXIe et le
XVe corps se fussent avancés sur la ligne de la Mortagne et de la Meurthe
jusqu'aux Vosges, le général Dubail, après avoir replié son aile droite sur
le col de la Chipotte, s'est solidement accroché au terrain. Il prépare une
contre-attaque. D'autre part, notre 2e armée a reçu de Pont Saint-Vincent,
aujourd'hui à trois heures, cet ordre d'une simplicité grandiose, signé du
général de Castelnau : « En avant, partout à fond ! » Nos XVIe, XVe et XXe
corps ont pris énergiquement l'offensive et fait reculer les Allemands à
Rozelieures, à Lamath, à Blainville, à Sommerviller, à Flainval. Ma pauvre
Lorraine est de plus en plus ravagée. Crévic et Gerbéviller ont été
incendiés par les Allemands." |
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L'église
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La Nécropole nationale du Col de la Chipotte
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En parcourant le secteur, on ressent une étrange impression ; pourtant tout a repoussé, la nature paraît normale. Curieusement, la tempête de 1999 est venue ravager à nouveau une bonne partie du Col de la Chipotte dont les tranchées subsistent toujours. |
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"C'est dans ce vaste et
dense massif forestier qui s'étend à l'Est de Rambervillers jusqu'à
Saint-Dié, à l'endroit où la route montée de Rambervillers bifurque vers
Raon-l'Etape et vers Etival, un col où s'infléchissent, entre la vallée de
la Mortagne et celle de la Meurthe, les premiers contreforts des Vosges. Une
route s'y glisse à travers des bois majestueux, pleins d'ombre, romantiques
à souhait, et que volontiers, naguère, au temps des parties bruyantes, on
eût imaginés peuplés de gnomes à sonnailles et bonnets pointus. Hélas ! la
guerre a fait de ce décor de conte de grand'mère un site tragique, haute de
fantômes sanglants. L'antique Thessalie n'était pas plus sinistre, ni plus
auguste. |
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Le monument du Col de la Chipotte dédié aux 5ème et 6ème régiments de la 2ème Brigade coloniale |
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"Début
septembre ; dans les Vosges, l'ennemi était contenu grâce à l'héroïsme de
certains régiments qui défendaient les cols stratégiques comme les 5e et 6e
Régiment d'infanterie coloniale au col de la Chipotte des chasseurs aux cols du
Bonhomme, du Hans et du Donon |
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Clichés anciens
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