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Le signal du Xon
Il fait partie de ces collines qui forment la bordure
orientale de la vallée de la Moselle depuis la Gueule d’Enfer, prolongement
des côtes du grand Couronné de Nancy, et qui la séparent de la plaine de la
Seille. Le Xon culmine à 356 m soit un peu moins que ses voisins, Mousson et
Froidmont, respectivement 394 et 382 mètres. Tout proche du sommet on trouve
le village de Lesménils, composé à l'origine de 3 hameaux, Norroy le plus
ancien, Héminville et Xon.
Attention de ne pas
commettre de confusion avec le hameau de Norroy lès P-à-M en vis-à-vis en rive
gauche de la Moselle. |
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13 au 18 février 1915
De violents combats s’y déroulèrent en août et septembre 1914 mais cette
position resta dans les mains françaises. Pendant plusieurs mois, Allemands
et Français s'observèrent et aménagèrent le terrain à moins d’un kilomètre
les uns des autres, chacun sur sa butte. Vers le début de l'après midi du 13
février 1915, alors qu’une sévère tempête de neige fait rage, les Allemands
bombardent violemment le sommet du Xon. Les Français défendant Norroy, le
hameau le plus au nord, surpris reculent à Héminville pendant que les
défenseurs placés au sommet du signal redescendent aux abris sans laisser
personne en sentinelle. Deux groupes d’Allemands attaquent vers 15 heures et
s’emparant facilement de Norroy et du sommet. Dès 16 heures, les Français
organisent la contre-attaque mais elle fera long feu. Il faudra attendre le
début de la soirée, vers 20 heures, pour que trois compagnies du 325ème se
lancent à l'assaut. Le Capitaine Cochin, avec sa 21ème compagnie, réussit à
parvenir près du sommet mais ne pu retourner la situation, les Allemands
avaient largement mis à profit ces quelques heures pour s’organiser de façon
efficace. Malgré le renfort des 18ème et 20ème du 314ème RI venus d’Atton au
pied sud de le Mousson, tous ces braves se battront la nuit durant sans
obtenir de succès sur un ennemi solidement calé sur les pentes nord de la
position au-dessus du lieu-dit « la Vitrée ». Le 14 février, jour de la
Saint Valentin, les combats reprennent sans plus de succès vers 5 heures et
demie. Vers 7 heures, deux compagnies du 223ème RI en provenance de
Bezaumont, village proche de Sainte-Geneviève sur la colline la plus
septentrionale du grand Couronné de Nancy, après de violents combats,
gagnent en fin de matinée la zone située au-dessus de la ferme de St Michel.
Un bataillon du 277ème RI ; le sixième, parviendra à Norroy vers 19 heures
mais les Allemands ont eu le loisir de fortement se retrancher.
Le 15 février ne sera pas plus heureux pour les Français qui perdront
beaucoup d’hommes sans faire lâcher les Allemands d’un mètre. Jugeant la
situation irrémédiablement bloquée, et ne voulant pas se retoruver avec un
nouveau Bois-le-Prêtre, le commandement décide une opération d’envergure
épaulée par l’artillerie et une division entière de cavalerie, la 2ème,
alors au repos à l’est de Nancy. On mit en position 7 batteries de 75, soit
28 pièces, des 155 « court » et « long » et deux batteries de 90 mm. Le 16
février à midi, les Français passent, sans succès, à l’attaque vers Norroy
et les flans ouest de la colline. L’artillerie manque d’efficacité du fait
de liaisons téléphoniques coupées et de nombreux soldats français laisseront
leur vie, notamment à Norroy où les 40 premiers attaquants mourront. Malgré
un nouveau renfort du 36ème RIC et du 222ème RI il faudra attendre un nouvel
assaut le 18 février où, après une préparation d'artillerie de 90 minutes,
une forte concentration française reprend en une heure tous le terrain
perdu. Ces 5 jours coûtèrent à la France 2 000 soldats tués ou blessés.
(D'après H.Théobald) |
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Une figure du Xon : Jacques Cochin
Le Capitaine Jacques Cochin tombera le 14 février 1915 près
du sommet du signal après avoir été coupé de sa compagnie depuis plusieurs
heures avec seulement deux hommes avec lui. Encerclé par les Allemands, il
refusera de se rendre et sera abattu d’une balle à la tête alors qu’il
ripostait à bout portant avec un fusil ramassé à terre.
Jacques Cochin était le fils de Denys Cochin,
1851-1922, élu le 16 février 1911 au fauteuil n°11 de l’Académie Française,
Ministre d'État dans le cabinet Briand, puis Sous-secrétaire d’État aux
Affaires étrangères dans le cabinet Ribot. Son grand-père paternel n’était
autre qu’Auguste Cochin, 1823-1872, homme politique catholique libéral du
19ème siècle lui-même, comme son fils, membre de l’Institut de France. |
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Extrait du discours de Raymond Poincaré,
Président de la République, prononcé lors de remise de
la Croix de guerre à la ville de Pont-à-mousson, le 23 novembre 1919 :
« Pendant que les armées se
disputaient avec cette âpreté chaque centimètre carré du Bois-le-Prêtre,
d’autres combats se poursuivaient sur la rive droite de la Moselle. La 59ème
division était chargée de défendre le Signal du Xon, d’où la vue s’étendait
par-delà de la frontière, sur les villages lorrains qui attendaient leur
délivrance et d’où l’on apercevait, par beau temps, les forts et les fumées
de Metz. Nous tenions à garder ce magnifique poste d’observation, d’où la
pensée s’envolait vers la terre promise. Mais l’ennemi cherchait à nous
enlever ce signal. Il avait réussi à l’occuper le 13 décembre. Nous l’avions
repris le lendemain. Le 13 février 1915, les Allemands lancent une nouvelle
attaque, préparée par des tirs de 210. Ils atteignent le sommet. Nous
contre-attaquons le 15 et nous les délogeons »
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A l'arrière plan
la plaine
de la Seille |
Ce calvaire, béni le 15
octobre 1922, détruit en 1944 dans les combats de la Libération, a été relevé
en 1963 |