Saillant de St-Mihiel (le)


Accueil | Remonter

Page de La Grande Guerre en Lorraine de Michel Jacquot, dernière m à j : vendredi, 23. décembre 2005

Premier objectif : la prise de Verdun

Saint-Mihiel, garnison seulement depuis l’après guerre de 1870-1871, n'était pas stratégique pour la défense du pays jusqu’à la Première Guerre mondiale. Mais, dès le début du conflit elle sortit de son anonymat et le terme « Saillant de Saint-Mihiel » fut connu partout en Occident.

La prise de Verdun constitua dès août 14 un objectif majeur des Allemands qui y voyaient surtout une manière de saper le moral français et un espoir d'annihiler toute opposition de l'armée de Joffre.

Une première tentative d'encerclement, par l'Argonne à l'ouest et sud-est  par Pont-à-Mousson, est un échec pour les Allemands. La seconde et la troisième attaque permettent aux Allemands de prendre Saint-Mihiel et de maîtriser le fort du Camp des Romains qui la surplombe. Mais la formidable et imprévisible résistance du fort de Troyon les arrêtent, sauvant Verdun qui demeure française.

Le front se stabilise et s’organise autour des réseaux de tranchées. La ligne sensiblement droite Verdun – Vosges – Belfort est désormais brisée entre Les Eparges et Pont-à-Mousson, elle pénètre les lignes françaises comme un « coin » s’enfonce dans le bois pour le faire céder. Ce « saillant » ou « hernie » limite les possibilités d’approvisionnement de la place de Verdun aussi l'état-major allemand portera un effort incessant durant 4 ans pour se maintenir et toutes les tentatives françaises échoueront.

C'est grâce à l'aide de plusieurs divisions US du général Pershing que cette zone sera réduite le 12 septembre 1918. Les troupes américaines qui conquérront notamment la butte du Mont-Sec qui domine la plaine de la Woëvre.

La région du saillant recèle de nombreux sites militaires et quantité de monuments :

- Bois-le-Prêtre et monument de la Croix des Carmes inauguré par Raymond Poincaré, le 23 septembre 1923 ;

- Le parcours des villages détruits: Fey-en-Haye, Regniéville et Reménauville;
- Le cimetière militaire du Pétant à Montauville Pont-à-Mousson;
- Les nombreux c
imetières militaires, français, allemands et américains de Bouillonville, Thiaucourt, Lironville, Flirey, Saint-Mihiel, Hannonville, avec des milliers de tombes dont certaines ont conservé des monuments anciens;
- Les tranchées allemandes, et françaises : Apremont, Flirey, St-Baussant, Bois le Prêtre, Norroy etc..
- Les ruines du fort du camp des Romains conquis par les Bavarois en septembre 1914;
- Les monuments du Bois d'Ailly ;
- La butte témoin de Mont-Sec coiffée d'un majestueux monument américain, d'où l'on peut embrasser du regard tout le champ de bataille et s'y repérer grâce à un plan en relief et une table d'orientation.

 

La chronologie

4 septembre 1914

Le haut commandement allemand ordonne à ses troupes l'encerclement de Verdun en lançant deux attaques simultanées :

- la Vème armée, sous les ordres du Kronprinz impérial, le fils de Guillaume II, avance via l'Argonne pour tourner Verdun par le nord-ouest.

- la VIème armée, commandée par le Kronprinz Rupprecht de Bavière, doit prendre Nancy de face au sud-est.

La jonction doit avoir lieu vers les Hauts de Meuse

7-12 septembre 1914

Le 8 seulement 15 Km séparent les deux branches du dispositif allemand. Grâce à la résistance du fort de Troyon cette première tentative est tenue en échec par les Français.
14-19 septembre 1914

Malgré leur échec sur la Marne  et après une courte période d'attente, les Allemands avancent fortement entre le 18 au matin et le soir du 19.
20-25 septembre 1914

C'est pendant ces 6 jours que la poussée allemande sera la plus violente. Le 25 ils commencent à fortifier la nouvelle ligne, au soir de cette journée le Saillant est formé.
début avril 1915

Une tentative de réduction du saillant est lancée par Joffre  qui n'a plus les moyens humains et matériels d'engager de grandes offensives.

Les attaques brusques et ponctuelles voulues par Joffre, secteurs du Bois le Prêtre, Mort-Mare, aux Eparges   furent très violentes. Au début, les Français regagnèrent du terrain, mais la résistance allemande les obligea  abandonner le terrain conquis.

Après 3 tentatives avortées et fort coûteuses en hommes, Joffre abandonna le 14 avril.

Suite à la bataille de Verdun de 1916, les Français durent concéder un recul sensible dans le secteur des Eparges.

Malgré une certaine accalmie après 1915 le secteur connaîtra toujours de l'activité, combat d'artillerie, guerre de mines, gaz etc..

12-13 septembre 1918

La réduction du saillant de Saint-Mihiel fut l'une des premières missions confiée par Foch aux américains débarqués depuis plus d'un an sur le sol français qu'il fallu instruire à l'aide de nombreux instructeurs français et britanniques.

Pershing sollicita de la France et l'Angleterre la fourniture des 9/10e du matériel. L’armée française dotera l'armée américaine à 100 % en munitions d’artillerie, en chars et en canons de 75. Elle leur fournira 80% de leurs avions et 50 % des canons à longue portée.

La toute jeune Ière armée américaine, fut formée fin juin 18. Le général Pershing tenait absolument que cette action soit une réussite aussi il mit toutes les chances de son coté.

Quatre corps d'armée, 3 américains et 1 français, furent engagé le 12 septembre.

Appuyée par une artillerie conséquente dont 3 000 canons américains, 270 chars français et américains et plus de 1 000 avions des 2 nations, l'opération fut un succès éclatant.

Les allemands perdirent en moins de 48 heures tout le terrain conquis en septembre 14. Ils durent abandonner 13 200 prisonniers, 460 canons et un nombre incalculable d'autres matériels,  mortiers, locomotives, voitures, munitions etc..


Accueil | Remonter