Père Hilarion


Accueil | Remonter

Page de La Grande Guerre en Lorraine de Michel Jacquot, dernière m à j : mercredi, 18. février 2004


Les lieux

Il s'agit d'un lieu-dit, proche de la Croix des Carmes 1 200 m à l'ouest, et distant, à vol d'oiseau, de 1 700 m de Montauville et 3 500 de la place Duroc. Le nom désigne tout à la fois une fontaine, une maison forestière attenante et un ruisseau. Ce dernier se jette à Montauville dans le Grand Rupt en provenance de la fontaine des Cerfs, bois de Gloriaucôte, lequel termine sa course dans la Moselle après avoir traversé Maidières et les quartiers ouest de Pont-à-Mousson sous le nom de Mazouages.

L'origine du nom

Le père Hilarion fut le compagnon de saint Antoine, son nom fut donné à ces lieux en souvenir des ermites qui s'y succédèrent pendant deux siècles  dans une grotte voisine ; le dernier d'entre eux y vivait encore en 1840.

La fontaine

La fontaine de 1862 a survécu à tous ces avatars. Deux quarts marqués F et A symbolise une soi-disant trêve de l'eau qui n'est qu'une rumeur non fondée.

« La maison et la fontaine ont donc été conquises par une progression bien réglée, et pour ainsi dire mathématique, et non par un coup de surprise. A ce propos, détruisons une légende ; des imaginatifs ont affirmé qu’à la fontaine du Père Hilarion, Français et Allemands allaient chercher de l’eau, et que, par suite, d’une trêve tacite, des propos idylliques s’échangèrent entre adversaires. Il n’y a qu’une objection à cet émouvant tableau, c’est qu’il fut matériellement impossible ; jamais la fontaine ne s’est trouvée entre les lignes. Ne fabulons pas. Si des échanges de politesses eurent lieu autour d’une fontaine, ce qui paraît des plus douteux, ce ne peut être qu’en septembre à l’une des sources de Gloriaucôte, ou en octobre, à l’une de celles du Haut-de-Rieupt. Mais nous ne voyons pas du tout pourquoi l’un de ses adversaires aurait éprouvé le besoin d’aller prendre le goût des eaux du voisin, alors qu’il en avait derrière lui à sa disposition. »

D'après "Témoignage d’un soldat de la 73e division d’infanterie" de  Maître Charles François , notaire à Pont à Mousson et Colonel de réserve

La maison forestière


La maison forestière avant la grande Guerre

1915

Après la guerre


La maison forestière, après la Grande Guerre, et avant qu'elle ne s'effondre au début des années folles


La maison forestière en 2002, reconstruite depuis.

Cette maison forestière où vécu Camille Cavallier vers 1860 a été occupée de septembre à fin 14 par les Allemands mais l'offensive du général Lebocq commandant la 73ème DI permit, malgré de lourdes pertes, sa reconquête le 10 décembre 1914. L'antique maison forestière qui abrita notamment le central téléphonique français et la petite imprimerie de Joseph Lesage s'écroula après la guerre et fut reconstruite. Désaffectée pendant de longues années de sa fonction initiale, elle abrite aujourd'hui l'association "Tourisme et Loisirs au Père Hilarion" qui oeuvre pour maintenir en état ce patrimoine et en diffuser la connaissance.

Combattants du Bois le Prêtre, probablement automne 1914, les arbres dépouillés sont encore debout et l'uniforme garance est toujours présent.

(Source graphique : P Lallemand - Pont-à-Mousson, Au cœur des rues la mémoire d'une ville page 253)

L'entrée du Bois le Prêtre  

Mousson vue du Bois le Prêtre

Un abri quelque part dans le bois

Canon de 90 mm

(Source ONF 54)

 

Le monument du 356ème R.I

situé au carrefour de la Patte d'oie sur le Haut-de-Rieupt, le monument initial érigé en 1935 par les anciens du 356 fut vandalisé en 1974. Reconstruit sous une forme différente, un menhir semblable à celui de la Pierre au Jo de Norroy, il abrite la liste des 2 000 morts sur les différents champs de bataille de ce régiment de réserve constitué au début d'août 1914.

Le journal de tranchée "le Mouchoir"

 

Joseph Lesage, réserviste, fut téléphoniste à la 73e Division de réserve de la IIe Armée au Bois le Prêtre. Issu d’une famille de 8 enfants, il possédait de grands dons artistiques, aquarelliste, dessinateur et graveur, il maîtrisait de façon admirable l’art délicat de la gravure couleurs nouvelle en ce temps là.

Joseph Lesage nous a laissé de nombreux dessins et fonda, en novembre 1915, « Le Mouchoir", un journal des tranchées pour sa division avec deux camarades, l’Abbé Ledain et Albert Bray. (Le Mouchoir est le nom d’une partie du Bois le Prêtre où les hommes de cette division ont mérités leur surnom de "Loups du Bois le Prêtre")

La Maison du Père Hilarion comportait le central téléphonique. Tous trois y installèrent une petite imprimerie d’où le journal sortait en général toutes les deux semaines. Joseph dessinait et imprimait, ses deux camarades s’occupaient des textes.

Le Mouchoir est parmi les quelques journaux qui ont duré jusqu’à la fin de la guerre, jusqu’à la mort de Joseph Lesage le 19 octobre 1918, trois semaines avant l’Armistice, il avait 34 ans.... Ses deux camarades ont survécu. 


Accueil | Remonter