Nomény (54)


Accueil | Remonter

Page de La Grande Guerre en Lorraine de Michel Jacquot, dernière m à j : jeudi, 18. mai 2006

Le village

Le blason de Nomény porte les armes des sires de Nomeny. La seigneurie érigée en marquisat d'Empire a été incorporée au duché de Lorraine en 1612.

Nomény, de nos jours chef-lieu de canton de 1 100 âmes, comptait 4 500 habitants en 1632 contre 11 000 à Nancy. Ancienne cité gallo-romaine, elle appartînt aux évêques de Metz, aux Vaudémont et au Duché de Lorraine. Aujourd'hui, il ne reste que les ruines du château et l’église romane transformée au fil des siècles. La peste et la Guerre de Trente Ans décimèrent la population qui tomba à 700 habitants en 1638. La ville sera à nouveau détruite le 20 août 1914, en représailles de l'attaque française devant Morhange,  sur ordre du Gouverneur de Metz, le Général von Oven. Entièrement brûlée, il ne subsistera que la moitié sud de l’église et les vestiges du château.

Le monument aux morts aux combats

Situation : à l'aval en rive gauche du pont sur la Seille.

Douilles d'obus gravées


La photographie de cette douille d'obus gravée
m'a gentiment été offerte par un internaute qui la détient, ainsi qu'une seconde,
d'un parent qui cantonna à Nomény et à Bénicourt (hameau de Clémery).
Celles-ci sont marquées 1917 et ornées d'une cigogne et d'une croix de Lorraine, merci à Patrick J.

Le monument aux victimes du 20 août 1914

Situation : à l'amont en rive droite du pont sur la Seille.

 


Ce monument
a été inauguré le
30 septembre 1928

Cette stèle, financée par souscription nationale, est victime du temps et de bien fâcheuses réparations.


Carte postale postée le 23 août 1914

Barricade sur le pont

Carte postale postée le 1er juillet 1915

Nomény bombardé

 


Une rue de Nomény après un bombardement

Récit de la journée du jeudi 20 août 1914 (d'après des coupures de presse de l'époque)

Un violent bombardement fut déclenché le jeudi matin vers 10 heures ruinant et incendiant toute la ville. Puis, des cavaliers et des fantassins Prussiens arrivèrent, sabre au clair et revolver au point, en hurlant « Kaput, tous les Français kaput ».
Les habitants tentèrent de se réfugier dans les caves mais tous n’eurent pas cette chance. Les Prussiens ramassèrent tous les hommes qu’ils trouvèrent, de l’âge de 15 ans jusqu’aux plus âgés, et en fusillèrent un grand nombre. Les villageois blottis dans les caves depuis le début de la matinée furent contraint de sortir vers 16 ou 17 heures par crainte de mourir brûlés car les Prussiens, non contents d'avoir dévasté la ville au canon, continuaient à en incendier les maisons en noyant les caves de pétrole.

Deux groupes, dont un de 100 à 120 personnes, furent fait prisonniers et "promenés" 5 ou 6 fois d’un bout à l’autre de la ville, du moulin de Brionne jusqu’à Mailly,  Imaginez le calvaire et la fatigue de ces pauvres gens, femmes, enfants et quelques vieillards qui durent marcher sous la chaleur de cet été torride une bonne trentaine de kilomètres.

Puis, miraculeusement, ces prisonniers furent libérés le lendemain matin vers 6h00, après une nuit passée dans une des rares maisons restée debout, la maison Zambo, conservée par les Prussiens pour y abriter leur service d'ambulance.

Un premier groupe s'en fut à Nancy par ses propres moyen alors que le second se dirigea vers Pont-à-Mousson d'où des ambulances militaires les rapatrièrent également à Nancy.
Les témoignages recueillis donnent à penser que nombre de soldats allemands agirent sous la contrainte. Plusieurs personnes rapportèrent le changement d'attitude, la prévenance et le désespoir de ces soldats dès lors que les officiers avaient le dos tourné. Parmi ces hommes de troupe, il y avait des habitants de Lorraine annexée enrôlés de force dans les armées allemandes.
Sur le monuments aux victimes érigée le 30 septembre 1928 on relève les noms de 63 personnes tuées ce jour là dont une bonne quarantaine d'hommes, une petite fille et un petit garçon de 3 ans, une dame de 99 ans ainsi que le curé doyen de la Paroisse. Les inscriptions font état également de 12 blessés graves.

Les villages environnants, Eply, Clémery notamment, subirent le même sort. Port sur Seille fut entièrement rasé et Champey, épargné, fut couvert d'affiches rédigées en allemand prévenant les habitants qu'à la moindre résistance la ville serait entièrement brûlée.

On retrouve, à la même période, des holocaustes similaires à Badonviller, Bréménil, Blâmont, Gerbéviller et ailleurs encore. Ces évènements sont également à rapprocher de ceux de Fontenoy-sur-Moselle du 22 janvier 1871 ou encore d'Oradour sur Glane en juin 1944.

Le calvaire près de l'église

Fière d'un glorieux passé de X siècles l'antique cité de Nomény vivait laborieuse et paisible. elle fut, le 20 août 1914, envahie, pillée, incendiée par les Allemands. La ville fut reconstruite après l'armistice de 1918. M Paul Rose puis M Prosper Bievelet enfants et maires de la commune. 

Ce calvaire, érigé en l'an 1928, abrite et garde précieusement les restes de nos aïeux ensevelis à jamais dans l'antique église de Nomény et en ce lieu même, cimetière paroissial jusqu'au début du XIXème siècle.

Ego sum resurrectio et vita mutatur non tollitur

La forteresse de Nomény

Adhémar de Monteil puis Jean de Vienne, évêques de Metz, édifièrent les remparts terminés vers 1361. Un autre évêque messin fit élever " un bel chastel " dont les ruines surplombent toujours la ville. Le château comptait quatre tours dont une, polygonale, était dite « de l'horloge ». Les épaisses murailles étaient construites en pierres taillées extraites de carrières proches (méandre de la Seille en amont de la ville).

En 1548, Jean de Lorraine cédât Nomeny et Delme au Régent du Duché de Lorraine, Nicolas de Vaudémont, oncle du jeune Charles III. La future épouse du Roi de France Henri III, Louise de Lorraine, fille de Nicolas y naquit le 30 avril 1554.

Richelieu fit détruire les fortifications et Louis XIV démanteler le château. Les pierres resservirent au fil du temps, notamment de 1922 à 1928 après les destructions de la Grande Guerre.

 

 


Lithographie du XIXème siècle

Ici naquit, le 30 avril 1554, Louise de Vaudémont, Reine de France. Le château de Vaudémont avait été érigé par Thierry de Boppart, évêque de Metz en 1390.


Etat vers 1920



Louise de Vaudémont
d'après Jean Clément

 

Source des documents anciens : avec l'aide du CG54, du CR Lorraine et de l'association "Histoire et archéologie du château lorrain"

Autres clichés

sur http://j.mesu.chez.tiscali.fr/nomeny_2.htm


Accueil | Remonter