Frouard (54)
Page de La Grande Guerre en Lorraine de Michel Jacquot, dernière m à j : dimanche, 25. décembre 2005
| La ville | |
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sur la rive droite de la Moselle à quelques kilomètres de son confluent avec la Meurthe et à 10 Km au nord de Nancy |
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| Le monument aux morts de la Grande Guerre | |
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Situation : au cimetière civil sur la route de Liverdun
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| Le fort de Frouard et la batterie de l'éperon | |
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Frouard possède un fort et une batterie datant d'avant 1885 qui nous sont parvenus en assez bon état de conservation. Le site n'est pas encore accessible mais le deviendra prochainement pour la batterie. L’ensemble offre aux amateurs de fortifications : - une exceptionnelle série de cuirassements, - de très rares casemates MOUGIN bien conservées - le dernier exemplaire de tourelle à éclipse double de 155 mm subsistant parmi toutes celles qui furent installées (batterie) - une tourelle de 75 et celles de mitrailleuses toujours en place, ( fort) - plusieurs observatoires cuirassés et guérites blindées. - le dernier exemplaire de tourelle à éclipse pour projecteur, hélas en mauvais état. (fort) Cet ensemble, l'un des plus remarquable de la fortification française d'avant 1914, mériterait d'être sauvegardé et ouvert au public ce à quoi travaille désormais l'Association de Sauvegarde du Patrimoine Fortifié de Frouard. |
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Batterie de l'Éperon, Frouard 1878-1882, un site à découvrir ou à redécouvrir La batterie de l’Éperon regroupe en un même lieu un très grand nombre d’éléments spécifiques du système de défense “Séré de Rivières”. De forme originale triangulaire d’une surface de 25 000 m2 avec façade de gorge pseudo-bastionnée, elle est entourée par un fossé assez étroit en moyenne, profondeur de 7 à 10 m, largeur de 8 à 20 m).
Entrée : A l’origine, il a été construit un corps de garde extérieur avec
créneaux de pieds qui permettait le tir vers l'intérieur du fossé. Casernement : Il est composé de casemates avec voûtes d'environ 6 m de haut, on y trouve 3 chambres de 30 hommes et 3 chambres de 40 hommes ainsi que les chambres pour officiers et sous-officiers. Cuirassement : 2 casemates MOUGIN dites "Amezule" et "Moselle", elles possédaient chacune un canon de 155 long de BANGE placé sur un affût permettant un débattement latéral.
LA BATTERIE ABRITE LE DERNIER EXEMPLAIRE EN FRANCE D’UNE TOURELLE GALOPIN A 2 CANONS. Cette tourelle à éclipse d'un poids de 200 tonnes et d’un diamètre de 5 m 20, possède toujours ses 2 canons de 155 long de BANGE. La batterie comporte également 3 abris à canons de 95 mm placés à l'extérieur, 3 observatoires cuirassés et 4 guérites blindées.
Le ravitaillement en matériel divers était assuré depuis le fort de Frouard par des voies de 60. Plusieurs passages souterrains sont toujours praticables. Les poudrières sont situées à 15m sous le niveau de la batterie. L’Association de Sauvegarde du Patrimoine Fortifié de Frouard qui vient de voir le jour, composée d’une poignée de bénévoles passionnés (l’ASPFF), va commencer le défrichage, le nettoyage de la batterie afin de la rendre visitable et d’assurer la promotion. Autre but de l’Association ; celui de remettre en valeur le Vieux Château fort de Frouard afin de faire connaître par un sentier découverte tout le patrimoine fortifié de Frouard.
Si comme nous, vous êtes passionnés par la mise en valeur de ces deux
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| Le monument aux morts de 1877 | |
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Frouard pendant la
Grande Guerre les éléments ci-dessous sont tirés de la notice historique sur Frouard de Mr Dezavelle, Directeur d'école, publiée en 1932.
La vie à Frouard Frouard, à seulement 18 Km du Bois-le Prêtre et 16 de Champenoux, c'est-à-dire en arrière immédiat des premières lignes, connut essentiellement les tirs de canons LP et des bombardements par avions. Les Frouardais n’eurent pas à s'exiler et la ville ne fut pas envahie. Toutefois du fait de son importance stratégique et industrielle, la ville avait tout lieu de craindre le pire. Frouard, avec son fort qui commande la vallée de la Moselle et partiellement celle de la Meurthe, est un lieu de passage important avec : - Les voies ferrées Paris-Avricourt et Nancy-Metz-Longwy. (courbe de raccordement des deux voies construite pendant la guerre par des travailleurs annamites, évitant une bifurcation difficile et un encombrement continu de la voie Nancy-Frouard). - Les voies fluviales, Canal de la Marne au Rhin et Canal latéral à la Moselle de Frouard à Pagny-sur-Moselle. - La route nationale Metz-Besançon et divers chemins reliant Frouard à Liverdun-Aingeray-Custines-Bouxières-aux-Dames ainsi que des chemins stratégiques militaires sillonnant la forêt de Haye dominant Frouard. Les deux ponts, l'un rail, l'autre routier, furent gardés dès le début de la guerre et minés en prévision d'une coupure de communication qui, heureusement, ne fut jamais pratiquée. Leur franchissement était surveillé par un poste de G.V.C. placé à l'usine de production hydroélectrique (S.H.F) Beaucoup de Frouardais réservistes dans les régiments de la division de fer : 26e , 37e, 79e, 69e, à Nancy, prirent part aux combats de Lorraine d’août 1914, et beaucoup périrent ou furent mis hors combat cet été 1914. Frouard demeura un centre de ravitaillement important du front entre Pont-à-Mousson et Nomény et une grande grande activité régna à l’abattoir où l'on tuait jusqu'à 100 bêtes à cornes par jour pour la troupe. Têtes, langues, mou, foies, étaient toutefois distribués tous les jours aux nécessiteux. Pour assurer les transports militaires, 500 chevaux furent constamment logés à Frouard : le foin coupé aux Rays par les conducteurs assura en partie la nourriture de cette importante cavalerie. Le 15 août 1914 les réserves du 9e corps, 20 RA, 290, 286 et 325 RI traversèrent Frouard, premières troupes venues de l'intérieur elles seront acclamées par la population puis, après la bataille de Morhange, 19-20 août 1914, le 20e corps passera à Frouard en allant vers la Somme pendant que de nombreuses troupes iront aux tranchées du Bois le Prêtre.
Les bombardements de l'aviation naissante L’activité de l’aviation allemande se renforça nettement à compter de 1916 et les habitants furent souvent obligés de se réfugier dans les caves, ce qui n'empêcha pas, hélas, les victimes civiles. Le premier bombardement sur la ville de Frouard eut lieu le 24 janvier 1917 et le 25, de nombreux avions la survolèrent à nouveau, vraisemblablement afin d'estimer l'étendue des dégâts qui ne furent pas très graves, la plupart des torpilles et des bombes étant tombées dans les champs. Les batteries antiaériennes installées au plateau des Rays ne purent enrayer ces attaques qui deviendront fréquentes à partir de 1917.
Frouard sous les obus des pièces à longue portée Lorsque les Allemands entreprirent le bombardement sur plusieurs points du front, Dunkerque, Reims, Paris, Nancy, Frouard fut également un objectif de choix à cause de son importance industrielle et stratégique. Toutefois Frouard qui subi de nombreux tirs de 240, notamment en 1917 fut épargnée par le "Gros Max", énorme obusier de 380 mm, cousin très proche de la "Grosse Bertha, tous deux des Krupp SK-LK/45. Le Gros Max,installé à Hampont (57), tira sur Nancy et Lunéville entre janvier 1916 et le 17 janvier 1917 date où il fut replié discrètement. L'année 1917 et surtout 1918 connurent de nombreux tirs de 240 avec un point de paroxysme atteint en juillet 18 qui compte plusieurs centaines d'obus en quelques jours. On notera avec interet que le premier bombardement par canon à longue portée eut lieu le 23 janvier 1917, veille du premier bombardement aéronautique, et visa particulièrement l'industrie dont les usines Delattre. Frouard fut citée à l’Ordre de l’Armée le 26 septembre 1920 <<Fréquemment bombardée par avions, à subi d’importants dégâts sans cesser de faire preuve d’un courage et d’un patriotisme ardent>> et obtînt à ce titre la Croix de Guerre avec palme.
La vie industrielle La mobilisation stoppa net le secteur industriel qui employait essentiellement des hommes. Les hauts fourneaux de Pompey, les établissements Delattre, et les hauts fourneaux de Montataire cessèrent leur activité. Cette inaction fut de courte de durée, du moins pour l'usine Delattre où l'Armée renvoya, dès le début 1915, de nombreux mobilisés pour accroître la production d'obus, comme dans beaucoup de villes industrielles converties à l'économie de guerre. Pompey redémarra dès octobre 1914, même si ce fut au ralenti, par contre Montataire resta inactif durant toute la guerre bien qu’en état de fonctionner depuis janvier 1917.
Soins aux blessés Une ambulance, installée à l’école primaire de garçons dès le début de la guerre, recueillera les premiers blessés de passage. A partir du 8 septembre 1914, l’ambulance divisionnaire de la 59 DI (9ème corps d'Armée) en prendra possession pour soigner les soldats tombés au cours des combats de Nomény, Pont-à-Mousson et Sainte-Geneviève. Cette ambulance qui s'étendra à l'école maternelle sera déplacée à Pompey qu'elle quittera en septembre 1915. |
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| La Gueule d'enfer | |
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D’après Eugène Victor Colvis (Frouard 1868-1936), le confluent de la Meurthe et de la Moselle tirerait son nom d’une légende moyenâgeuse contée par quelque ancienne frouardaise dont une aïeule l'aurait démêlée d’antiques archives familiales.
Bouche d'Enfer était un
seigneur surnommé ainsi car sa barbe rousse semblait une flamme lui sortant
de la bouche. Très cruel, il jetait innocents en prison et brigandait les
marchands qui passaient sur la route du Royaume de France
(n’oublions pas que la Lorraine ne fut
française qu’en 1766). |
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| CPA de Frouard | |
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