Flirey (54)


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Page de La Grande Guerre en Lorraine de Michel Jacquot, dernière m à j : vendredi, 02. janvier 2009 

Le village

Sur le blason, adopté en 1978, la croix symbolise la position géographique de Flirey à la croisée des chemins Saint-Mihiel/Pont-à-Mousson et Toul/Thiaucourt alors que les "cailloux" représentent Saint Etienne, patron de la paroisse et les hêtres rappellent que Flirey faisait partie de la terre de Haye ou Hey.

Ces arbres, au nombre de quatre, évoquent les 4 bois aux environs immédiats :

  • bois de Mort-Mare,

  • bois du Jury,

  • bois de la Hazelle,

  • bois de la Voisogne.

La localité, successivement Fleury, Fleury-aux-bois, Flirey-en-Haye et aujourd'hui Flirey, tire son nom de sa situation au milieu des haies et des bois, au printemps le village était au milieu des fleurs. Habitée dès l'époque gallo-romaine, la cité fut détruite au moins par deux fois, au XVIIème siècle par les Suédois lors de la guerre de Trente ans et lors de la Grande Guerre où le front se stabilisa plus ou moins à 800 m au nord (Bois de Mort-Mare et bois des Hauts-de-Mad)

Entièrement reconstruit dans les années 20 sur des plans d'Emile André, membre fondateur de l'Ecole de Nancy, le nouveau Flirey fut longtemps un modèle d'urbanisme, une rocade permettait même aux engins travaux agricoles de ne pas traverser le centre. Une plaque de marbre, apposée sur la façade de la Mairie rappelle que le village fut entièrement détruit par la guerre.

Il fut reconstruit à quelques centaines de mètres par les habitants réunis en S.C avec les seules indemnités versées par le Gouvernement de la République pour la réparation des dommages causés par la Guerre mondiale de 1914-1918 et à l'exclusion de tous dons ou legs étrangers.


L'église reconstruite après la guerre
à moins d'un kilomètre de l'ancien village.

Il ne reste que peu de vestiges de l'ancien Flirey, les ruines de l'église et quelques tombes de l'ancien cimetière, le lavoir et l'égayoir où l'on baignait les chevaux.

L'église reconstruite

L'église neuve serait la copie de la cathédrale de Gap, (ville ayant financé sa reconstruction ?)

Le cliché ci-dessous permet d'apprécier certaines similitudes essentiellement entre la partie supérieure des clochers :

- dans les deux cas il s'agit de clocher porche
- les toitures multiples sont disposées identiquement
- la flèche centrale est percée
- les clochers sont flanqués latéralement d'une tour cylindrique très élancée coiffée d'une toiture conique (d'un seul coté à Flirey)
- les ouies avant permettant la diffusion du son des cloches sont similaires et au nombre de 2 dans chaque cas
- la façade de chaque clocher comporte, de part et d'autre, un raidisseur vertical assez similaire.

Là s'arrêtent les ressemblances extérieures, qui pourra m'en dire plus ? mjacquot@gmail.com

 

Gap - Flirey

Ci-dessous la cathédrale de Gap (05), mariant le roman-provençal et le gothique.

Dédiée à Notre-Dame, construite de 1867 à 1904 sur les plans de l'architecte Ch. Laisné, Elle fut consacrée et inaugurée en 1895 et déclarée monument historique le 9 août 1906.
L'alternance des couleurs de la maçonnerie provient de l'emploi de plusieurs matériaux locaux comme le marbre rose de Chorges. Le sommet du clocher porche culmine à 64 m et abrite 3 cloches : Caroline-Napoléon, Pierrette et le bourdon qui porte le nom de
Marie-Jeanne Eudoxie, en l'honneur de mademoiselle Amat, fervente catholique dont la devise était "rien que Dieu".
Merci à Jean-Pierre R. de Gap pour cette dernière précision.

Crédit photographique : G Lucas
aimablement mis à disposition par la Mairie de Gap - département communication

Les combattants du 157ème RI

Le 157° régiment d'infanterie, lieu de recrutement GAP (05), réunissait aussi les appelés de la vallée de l'Ubaye (04).

Sur le site du gouvernement français http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr  les villages de Méolans, Ubaye, Le Lauzet, Revel sont souvent cités. Gap étant le lieu de recrutement il est fort possible que cette commune ait aidé au financement de la nouvelle église.

Le monument des combattants du 163ème RI

Flirey possède deux monuments placés en vis à vis en face de l'église et séparés par la route principale de Pont-à-Mousson à Commercy.

Le monument à la mémoire du 163ème Régiment d'Infanterie a été érigé par souscription publique organisée par l'Amicale des anciens combattants de ce régiment et du 363ème RI.

Le monument fut inauguré le 16 juillet 1933 sous la présidence d'honneur de Monsieur Albert Lebrun, président de la République, de Monsieur le Maréchal Pétain accompagnés de messieurs Louis Marchal et Jean Médecin, respectivement Maire de Flirey et de Nice, du Docteur Fulconis, Président actif de l'Amicale, et de Monsieur l'abbé Lucien Mauvais, curé de Flirey.


La ville de Nice, berceau du 163ème RI,
à ses enfants et à tous les morts du régiment,
unis dans la gloire comme au combat.


Armes de la ville de Nice


Les anciens combattants
du 163 è RI
à leurs camarades
tombés
au champ
d'honneur
1914-1918


Nice a baptisé une de ces artères "Avenue de Flirey"

Cliché aimablement mis à disposition par © Olivier Gaget 2006

La Lorraine aux combattants U.S

Ce monument, offert par la Lorraine, est dédié à la gloire des Sammies tombés au champ d'honneur lors de la réduction du Saillant de Saint-Mihiel lequel tenait tête aux forces françaises depuis le 25 septembre 1914, 4 difficiles années.

La Lorraine aux Etats-Unis
12 septembre 1918

Le 12 septembre 1918, s'élança d'ici la première offensive de l'armée des Etats-Unis commandée par le général Pershing


Le monument dans son état d'origine, noter l'absence de construction à l'arrière-plan

 

 

Le 12 septembre 1918 s'élança
d'ici la première offensive
 de l'armée des Etats-Unis
 commandée par le général Pershing

elle libéra de nombreuses
communes lorraines, Saint-Mihiel,
Thiaucourt etc..
et avança la Paix du droit

 

Les anciennes photographies


Les ruines de l'église vers la fin de la guerre


Vue de l'armée U.S de l'ancienne gare de Flirey et du pont-rail


Vue de l'armée U.S


Vue de l'armée allemande prise le 25 06 1918


Ambulance américaine (source
Jean-Marie Picquart)

Les vestiges encore visibles aujourd'hui


Le cimetière de Flirey est resté fidèle à son emplacement ancestral, sur le tertre de l'ancienne église


Sur l'autre coté, l'ancien cimetière dévasté par les obus où quelques tombes antérieures à 1914 subsistent.


Au fond le clocher de l'église nouvelle


L'abside vue de derrière


L'entrée de l'église ...


et l'intérieur

des colonnes gisant là où elles s'effondrèrent il y a 88 ans


Vue du fond du choeur


Ce mur de l'abside porte encore quelques de décorations peintes à même l'enduit recouvert l'appareil maçonné


Impacts sur le mur en face


Niches à jamais inoccupées...

Le cimetière militaire de Flirey

Créé en juin 1919, il regroupe les militaires inhumés pendant la guerre dans les cimetières de Bouconville, Flirey A, B et de la côte 305, Fey-en-Haye, Limey A,B et D, Rambucourt, Seicheprey, Vigneulles et Flirey-Limey C. Il a été aménagé complètement en 1924 et la dernière restauration remonte à 1967.

D'une superficie de 27 720 m² il accueille 4 407 corps parmi lesquels une centaine de corps exhumés dans la zone envahie (prisonniers, aviateurs, travailleurs civils étrangers) et un civil fusillé par les Allemands à Mamey. Au total 3 Belges, 3 Roumains et 22 Russes reposent ici en compagnie 4 379 Français dont 1 750 en ossuaire.


Cliché du cimetière de regroupement qui deviendra l'actuelle nécropole de Flirey.
Après le conflit, le bois de sapins qui couvrait ce terrain fut défriché en 1919. A la droite de l'abbé Mauvais, curé de Flirey,
l’officier d’état-civil est M Paul Marchal maire du village.
(merci à http://membres.lycos.fr/pmarecha/manduel/monbel/aufront/)


L'ossuaire



Stèle sculptée par le caporal Orieux, prix de Rome,
à la mémoire des morts du 369ème R.I.
Le caporal Orieux fut grièvement blessé le 21 avril 1915
 avant d'avoir terminé cette oeuvre.


L'entrée de la Nécropole

 

     

La borne de Flirey


description : voir le
Bois le Prêtre

Le Bois de Mort-Mare

Ce bois situé au somment de la colline séparant Flirey d'Essey-et-Maizerais fut le théâtre de combat acharnés pendant 4 ans et connu un terrible guerre de mines en particulier entre 1915 à 1917

                             

Ce monument a été érigé sur l'initiative et par les associations d'Anciens Combattants Lyonnais et Dauphinois des 157ème RI de Lyon, 275ème RI de Lyon et Romans (Drôme), 340ème RI de Grenoble (Isère) et Lyon.

Gandy, architecte à Lyon, ancien combattant du 275ème RI.

La guerre des mines : Entonnoirs allemands

Les immenses entonnoirs visibles près du monument du Bois de Mort-Mare sont dus à de gros fourneaux allemands tirés les 12 février et 1 août 1916. Les trois du 12 février ont été tirés en représailles suite au pilonnage français du 10. La quantité d'explosif nécessaire pour chaque fourneaux est évaluée à 5 tonnes.

Cette technique très ancienne consiste à creuser des tunnels sous les positons ennemies et de les bourrer d'explosif.

Des galeries obliques, ou des puits creusés à la verticale, partent des tranchées pour aboutir à un conduit souterrain principal d'une hauteur de 2 m et de 1 m de largeur. Cette veine abouti à la chambre de tir de capacité variable. D'autres boyaux beaucoup plus petits rayonnent vers les travaux ennemis afin de localiser et de préciser l'avancement


La galerie principal et le fourneau de mine été creusé à 15 m sous terre.

Entonnoir d'un diamètre approximatif de 15 à 20 m

"Le Sapeur" d'après Lucien Jonas

Outils de sapeur
La conception des panneaux d'information a été réalisée par le service départemental de Meurthe et Moselle, les panneaux eux-mêmes ont été réalisés par ONF Côte d'Or

La Croix du Sgt Rochas


Panneau conçu et réalisé par l'ALHIMIC
Anciennes cartes postales du monument initial

Grâce à l'Etat, à l'ONF, à la Région Lorraine, au Conseil Général de M&M, à la Communauté de Communes des Trois Vallées à Thiaucourt-Regniévillle, à l'ALHIMIC (contact : Mairie d'Essey et Maizerais), le site a été dégagé en partie.

(Louis) Octave Lapize

Dit "Le Frisé" gagna magnifiquement le Tour de France 1910 notamment grâce à ses qualités de grimpeur qui lui permirent de briller dans les Pyrénées. Né à Paris le 24 octobre 1887 au 49 de la rue Bénard, et non à Montrouge comme on le croit trop souvent, Louis Octave Lapize vînt mourir en Woëvre, les archives de l'Armée notent son décès à l'hôpital GAMA de Toul.

Pendant longtemps nous avons pensé que cet immense champion disparut sans laisser de trace dans l'histoire, on ne connaissait rien ni des circonstances ni du lieu de sa mort, certaines rumeurs la situait à Verdun, d'autres à Pont-à-Mousson.

Aujourd'hui, grâce à Jean Bobet, le frère de Louison autre immense champion cycliste, nous en savons beaucoup plus.

Engagé volontaire le 14 août 1914 au 19ème escadron du train à Pau, il passera dans l'Aviation le 6 septembre 1915 comme élève pilote, à l'époque l'armée ne comptait encore que deux armes, la Marine et l'Armée de Terre. Après avoir fréquenté les écoles d'Avord, Pau et Cazeaux, Octave Lapize devînt pilote puis moniteur au centre d'Avord près de Bourges. Il rejoindra le front en le 15 février 1917 à Bar-le-Duc affecté à la N54 puis à la N203 et enfin à la N 90 à Toul où son escadrille, commandée par le Lieutenant Pierre Weiss, arborait un emblème particulier (profil de coq chantant.

Le sergent Lapize, cité à l'ordre du corps d'armée pour avoir dégagé un avion en péril, mit hors de combat un avion ennemi le 28 juin.

Au petit matin du 14 juillet 1917, il affronta un biplan allemand effectuant un réglage d'artillerie au dessus du bois de Mort-mare. Le combat s'engagea à 4500 m d'altitude et selon un témoin de la scène son avion, frappé par une rafale de son adversaire, partit en vrille et alla s'écraser à 8 Km des lignes du front peut-être vers Noviant-aux-près.

D'après la citation publiée le 17 juillet à l'ordre de la 8ème armée et signée de Pétain,  Octave Lapize aurait affronté deux adversaires. 

Il a été enterré au cimetière militaire de Toul, probablement Choloy, le 17 juillet, en présence de son père et de l'as Boyau. Sur demande de sa famille, ses restes furent transportés en novembre 1917 au cimetière de Villiers sur Marne ou résidait son père. dans cette ville de la banlieue est de Paris, son souvenir s'est perpétué et un stade porte le nom d'Octave Lapize.

Pour les amoureux du cyclisme le nom de Lapize évoque aussi de nombreux accessoires. D'aucuns se souviendront des courroies de cale-pieds "Lapize", toujours commercialisées sous la marque Zefal, héritière de la société Poutrait-Morin qui en avait acquis les droits en 1925.

Merci  à Jean BOBET qui nous a fourni  dans son excellent  livre de nombreuses précisions sur la vie et la mort d'Octave Lapize.

 

Source "LAPIZE Celui-là était un as" de Jean BOBET aux éditions de la "La table ronde" 2003

 

Toute autre information est la bienvenue, contact : mjacquot@gmail.com ou jmpicquart@wanadoo.fr


Baptême de l'air d'Octave Lapize (à droite), à Caen lors du Tour 1910
sur un biplan Farman piloté par l'un des frères Morane.
(Crédit photographique L Laget)


Une arrivée difficile

(Crédit photographique L Laget)


Ce vieux xx a été piloté par notre
Cher et Regretté Camarade
O.Lapize.

Qui que tu sois, ne monte pas
dans ce zinc sans avoir une
pensée pour ce brillant pilote
tombé glorieusement.

Amitiés aux pensionnaires du
Capitaine CHEVRIER et
respectueux souvenir
au Patron
.

Etrange avis inscrit, après sa mort, sur le second avion d'Octave Lapize  qui pourrait s'expliquer par le fait que l'on aurait affecté cet avion à la formation de jeunes pilotes, à la demande du lieutenant Weiss
(La guerre aérienne illustrée. 29 11 1917)

Il pourrait s'agir d'un Nieuport XXIII (Source The French Air Service War Chronology)


Insigne du 13ème régiment d'artillerie
 


Sur cette photographie, l'officier au premier plan est probablement le Lieutenant Weiss, chef d'escadrille, qui prononça son oraison funèbre.

(La guerre aérienne illustrée. 09 08 1917)

Ci-contre Octave Lapize au départ des 100 Km sur piste le 25 juillet 1909

Octave au départ d'une étape du de montagne du Tour de France

Professionnel de 1909 à 1914

Ces principales victoires :

Championnat de France : 1911, 1912 et 1913

Tour de France : 1910 ;

6 étapes du Tour de France :

Grenoble, Luchon, Bayonne, Caen 1910.

Nice 1912,

Marseille 1914

ParisRoubaix: 1909, 1910 et 1911

Paris Tours : 1911

Paris Bruxelles :1911, 1912 et 1913

Ses principales places d'honneur :

2e de Paris Bruxelles 1910;

2e de Paris Brest Paris, 1911 ;

4e de Paris Roubaix 1912 ;

4e du Tour de Lombardie 1909

 


Sépulture d'Octave Lapize au cimetière de Villiers sur Marne
 

Émile André

Architecte né et mort à Nancy (1871-1933), Emile André vit le jour dans une famille de bâtisseurs et d'architectes, Elève de l'Ecole Nationale des Beaux-Arts de Paris puis de Victor Laloux, il visitera l'Inde, la Perse, la Tunisie et par deux fois il connaîtra l'Egypte par des missions archéologiques.

Rentré à Nancy en 1901, il sera associé à des projets architecturaux majeurs (Magasins Vaxelaire rue Saint Jean, villas "Glycines" et "Les Roches" dans le parc de Saurupt ainsi que la seule loge de concierge réalisée sur 4 ou 5 prévues).

Membre du Comité directeur de l'Ecole de Nancy dès sa création en 1901, c'est un créateur prolifique et varié (maisons, villas, immeubles, magasins etc..). Ses constructions, au caractère surprenant et original, sont plus marquées par la maîtrise des volumes que par leur ornementation.

Après la Grande Guerre il dessinera les plans de reconstruction de Flirey et Limey-Reménauville (54). Malgré le modernisme actuel ces deux bourgs possèdent encore une partie de cette fameuse rocade permettant aux engins agricoles de ne pas traverser le centre.

 


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