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Tiré du livre de Roger
Nota
un petit bout de
l'histoire de sa grand-mère brutalisée par les Allemands (elle eu deux
enfants de soldats allemands inconnus pendant la guerre)
..Aux environs du 5 septembre 1914 à
Champey, Jean Christoph Hackenheimer (l'arrière grand-père de l'auteur) a
caché dans sa maison un prêtre recherché par les Allemands. Ce prêtre
s'appelait Charles Balland, il était né le 24 mai 1873 à Giriviller. Ordonné
prêtre le 8 août 1897 il fut le curé des trois communes limitrophes à savoir
: Champey, Vittonville, Bouxières Sous Froidmont, jusqu’au 17 novembre 1957.
Il décèdera le 8 janvier 1960 et repose dans l’église de Bouxières Sous
Froidmont sous l’autel de Saint Joseph, au pied de la statue de Sainte
Thérèse. Mobilisé le 19 octobre 1915 comme
infirmier à la 6ème section à l'hôpital de Pont-à-Mousson, il fit toute la
guerre comme aumônier militaire.
Il était recherché par les Allemands
car ceux-ci l'accusaient d'avoir prévenu l'armée française car il avait vu
le Kaiser, l'Empereur Guillaume II, dans le village de Bouxières Sous
Froidmont (où plusieurs vestiges allemands existent encore dont des
blockhaus très bien conservés). L'Histoire nous dit que le 5
septembre 1914, le Kaiser Guillaume II quitte la place de Metz pour se
rendre à Bouxières sous Froidmont. Il vient galvaniser ses troupes qui se
préparent à donner l'assaut de Sainte-Geneviève et leur fait savoir qu'il
compte énormément sur elles pour parvenir à conquérir Nancy. Charles Balland,
de la fenêtre de son presbytère, aperçoit le Kaiser et s’enfuit en direction
de Vittonville… les Allemands à ses trousses. Il trouve alors refuge à
Champey chez Hackenheimer.
Comme les Allemands recherchaient
activement le prêtre, Jean Christoph le fait fuir par une porte dérobée
donnant sur le jardin. Il soutiendra aux Allemands qui le questionnent par
la suite qu'il n'y avait pas de curé chez lui. Les Allemands auraient alors
fait déshabiller devant lui sa fille Marie Marthe Florence et brutalisée
sauvagement...Jean Christoph les injuria alors dans leur langue. Les Allemands, surpris
(il avait prétendu ne pas connaître leur langue) sont repartis et revenus
ensuite avec un peloton pour le conduire à Metz comme otage civil...

A droite avec son
vélo le curé Charles Balland en 1912
Tous les clichés de ce cadre ont aimablement mis à ma disposition par Roger
Nota

Maison Lallemand
bombardée

Soldats allemands au
bain dans la Moselle à Champey
Second extrait du
livre de Roger Nota
L'institutrice
périt-elle dans l'incendie de l'école le 22 aout 1914 ?
Quand la guerre débuta, Marie Noémie
Irma et Jean Christophe Hackenheimer (receveur des douanes) habitaient
proche de la mairie école à Champey. Le matin du 22 août 1914, des uhlans
arrosèrent ce bâtiment avec de l'essence avant d’y mettre le feu, on dit que
l’institutrice était dans l’école et qu’elle aurait péri dans l’incendie…
Irma est décédée le dimanche 20
septembre 1914, très choqué par cet événement qui est survenu deux jours
après la destruction sauvage de Nomeny par les Allemands (voir le récit
ci-dessous). Sûrement avait-elle pensé que Champey allait subir le même sort
et une peur terrible s’était emparée d’elle, une angoisse si forte qui la
fera mourir presque un mois plus tard. Peut être aussi les allemands
l’ont-ils brutalisé car beaucoup d’atrocités ont été commises par les
envahisseurs à ce moment là.

Des civils posent
devant la Mairie-Ecole incendiée par les Allemands le 22 aout 1914

Soldats allemands
au même endroit |
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Extrait du
récit de
Monsieur Boursier propriétaire du Château de Champey en 1914
…La grande guerre fut pour Champey
une rude épreuve. Envahi dès les premiers combats, puis dégagé par une
contre–offensive de nos troupes, le village fut repris après quelques jours
de bataille par les Allemands qui l’occupèrent jusqu’à l’armistice. Avec
raison ils considéraient le Froidmont comme le premier éperon de la défense
de Metz, et ils s’y cramponnèrent avec toutes les ressources de la guerre
moderne.
Pendant plus de cinquante mois le
village, et ses habitants, subirent à la fois le joug d’un ennemi implacable
et les bombardements nécessaires des canons français du Xon et du Bois le
Prêtre, lesquels firent quelques victimes civiles et détruisirent nombre de
maisons. L’église, le château, le pigeonnier et la ferme furent parmi les
bâtiments les moins endommagés, mais la ferme fut soigneusement détruite par
les allemands avant leur départ.
Pendant l’été 1918, les Allemands,
se rendant compte qu’ils ne pouvaient plus résister à la pression formidable
des Alliés, et prévoyant en Lorraine une attaque qui les bousculerait
irrémédiablement, voulurent au moins se débarrasser de la population civile
et décidèrent de l’évacuer vers le nord. De l’avis de tous, cette opération
se fit avec une telle brutalité, que le transport et le séjour en Belgique
furent beaucoup plus pénibles à supporter que les quatre années
d’occupation. Des troupeaux de bêtes auraient certainement été traités plus
humainement que ce triste troupeau humain.
Systématiquement, et pour retarder
le relèvement de la France victorieuse, « de l’insolente Nation », les
Allemands avaient vidé le pays de tout bétail, de tout matériel agricole ou
industriel, incendié la plupart des fermes, notamment celle du château de
Champey, Quant aux terres, les tranchées et autres ouvrages de défense,
l'absence de toute culture et de tout entretien pendant plus de quatre ans
les laissaient dans le plus triste état.
Sans un instant de découragement
devant un si gigantesque labeur, le cultivateur lorrain se mit au travail.
Des hommes dévoués au bien public firent quelques conférences locales et
organisèrent rapidement des sociétés coopératives de reconstitution et tout
fut mené avec une telle ardeur, qu'en quatre années toutes les maisons de
Champey étaient remises en état et le rendement des terres était en bonne
voie d'égaler celui d'avant-guerre.
De son coté, le curé Balland ne
fut pas inférieur à des charges écrasantes. Avec quatre paroisses à
desservir, il arriva à rebâtir trois églises et deux presbytères entièrement
détruits, à regarnir quatre sacristies, et à Champey même, avec
l'intelligente collaboration du maire Henri Ruhlmann, il fit ajouter un
clocher à l'église réparée, et dans ce clocher trois cloches nouvelles
annoncent aux paroissiens les joies et les deuils de la vie, et leur
rappellent la présence continue de Dieu, qui les voit et les protège…

Henri Rhulmann,
maire de Champey 1914

Camp de prisonniers
allemand à Champey |
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Le Froidmont
Butte témoin détachée des côtes de
Moselle, le Froidmont, avec ses 394 m est depuis l'antiquité un haut lieu
religieux et historique. Au Moyen-âge il se trouvait à la frontière des
terres lorraines et messines. En 1153, les Messins subirent un
échec en voulant prendre Mousson et durent se replier ici. Saint-bernard de
Clairvaux, médiateur nommé par l'Archevêque de Trêves réussit à négocier un
traité de paix. L'église élevée à la mémoire de ceux qui périr lors de cette
bataille fut démolie en 1747 sur ordre de l'évêque de Metz, ses pierres
servirent à la construction de l'église actuelle du village de Bouxières. Le
Froidmont restera cependant un lieu de culte et de pèlerinage. A
l'emplacement du choeur de l'ancienne église, une croix de mission s'érigea
en 1827, puis, vînt une chapelle, détruite en 1914, accueillant l'effigie de
Notre-dame de Froidmont. Le lieu, avec sa chapelle rétablie après la Grande Guerre, fut
l'objet de nombreux pèlerinages jusqu'en 1973.
En 1871 la frontière franco-allemande a été matérialisée ici, sur les
pentes du Froidmont, par des bornes dont certaines sont encore visibles
aujourd'hui. La guerre était à peine déclarée que les Allemands occupaient
ici le terrain sans attendre.
Le Froidmont surplombe la vallée de la Moselle de 200 m
et
commande toute la zone de Pont-à-Mousson. Il regorge d'ouvrages fortifiés. Les Allemands ont su mettre à
profit l'emplacement faisant face à la colline du Xon et ayant vue directe
sur Pont-à-mousson, Blénod, la colline de Cuite et le Bois le Prêtre. Les ouvrages bien
construits, parfaitement défilés, sont remarquables par la qualité des faces
arrières qui encadraient les zones de repos des soldats et par leur état de
conservation, malgré le fouillis végétal qui les recouvrent et le sans-gêne
de certains les ayant considérés comme des dépotoirs.
C'est depuis cet endroit que les batteries d'artillerie pilonnèrent sans
cesse Pont-à-Mousson.
Les ouvrages de "repos" situés à l'arrière
Précision : Ces installations sont
quasiment toutes situées sur le ban communal de Champey sur Moselle (Schreibstub,
Grauer Bär), qui était village frontière à cette période.
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L'abri, représenté ci-contre et ci-dessous,
était nommé l'ours gris "Grauer Bär" et date probablement de 1915. Il
comporte de nombreuses inscriptions dont l'une, très longue, semble rédigée
en un dialecte assez différent de l'allemand classique. L'intérieur était peint en
blanc et les murs comportaient de nombreux crochets.
Les clichés en noir et blanc proviennent d'un ouvrage
emprunté il y a bien longtemps et dont je n'ai pas gardé, hélas, les
références. Merci à son auteur que je salue ici en le priant de bien vouloir
m'en excuser. |