Bouxières sous Froidmont (54)


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Page de La Grande Guerre en Lorraine de Michel Jacquot, dernière m à j : mardi, 26. juin 2007

Le village

en rive droite de la Moselle à 6 Km au nord-est de Pont-à-Mouson.

Le terme Bouxières provient en général de la contraction de bu (la forêt) et de ser signifiant montage allongée, cependant ici, l'étymologie serait "buis". Le Froidmont est symbolisé par la pointe d'argent.

Le monument aux morts

Situation : vous le trouverez à la gauche de l'entrée de l'église catholique

Le monument porte une plaque à la mémoire du cavalier Pouget, premier tué après la déclaration de guerre ce qui n'est pas tout fait exact. Il faut noter que la presse locale dans un article paru le mercredi 5 août 1914 et relatant les obsèques du chasseur à cheval Pouget cite une partie du discours du capitaine Quenel, commandant le 1er escadron du 12ème régiment de chasseur à cheval ""l'acte criminel qui a privé la France d'un de ses vaillants défenseurs tué au signal de Vittonville,en territoire français, avant (?) la déclaration de guerre".

 

 

 

Proche de là, à Manhoué (57), on trouve la stèle des deux premiers tués du 26è RI de Nancy tombés après avoir franchi le pont frontière sur la Seille !

Le chasseur Pouget et le caporal d'infanterie Peugeot,
Les deux premiers morts français de la Grande Guerre

Celui que l'on peut considérer comme le deuxième mort français de la Grande Guerre, le premier après la déclaration de guerre, est Fortuné Émile  Pouget, le jeune cavalier de 21 ans du 12ème chasseur de Pont-à-Mousson. En ce 4 août 1914, il était chargé de surveiller la frontière, près d'une borne au nord de Bouxières tout près du signal de Vittonville. Il a été abattu vers 11H50. Le cavalier Pouget fut inhumé le lendemain 5 août 1914 à 14H, au cimetière civil de Pont-à-Mousson.

Ci-dessus la stèle élevée à sa mémoire sur le lieu même où il fut atteint d'une balle

En ce dimanche 2 août, premier jour de la mobilisation générale, prévue pour midi, la guerre n'est pas encore déclarée mais la prudence est de mise. Jules André Peugeot, né  à Étupes le 11 juin 1893 faisait son service militaire comme caporal au 44e R.I de Lons-le-Saunier. Il sera tué un peu après 10h00 à Joncherey, (16 Km au sud-est de Belfort) alors que les troupes françaises se tenaient, par prudence, partout en retrait des frontières. Un détachement de huit hommes du 5e Chasseurs à Cheval de Mulhouse, commandé par sous-lieutenant (leutnant)  progressait de Faverois vers Joncherey violant la frontière française et profitant de l'espace libre laissé par les Français pour explorer le secteur en profondeur (Le très jeune sous-lieutenant, Camille Mayer, originaire d'Illfurth à 30 Km de là connaît bien la région).  Peugeot se porta au devant des Allemands et reçût en guise de réponse à ses sommations 3 coups de revolver tirés par Mayer qui tombera lui-même sous les balles du caporal Peugeot. Jules André Peugeot sera le premier mort français de cette terrible guerre.

(Ci-dessus le monument élevé à Jonchery).

Jules André Peugeot 1893 - 1914

Clichés de guerre

Le monument aux soldats du 232 ème RI


A votre gauche sur la route montant au Froidmont,
une vingtaine d'hommes tombèrent ici lors la Grande Guerre

Les abris de la pelouse calcaire de Lorry-Mardigny-Vittonville

Ici, les derniers reliefs du bassin parisien se traduisent par une ligne de côtes bordant la Moselle sur rive droite. La pelouse calcaire des côtes de Lorry-Mardigny et Vittonville, dont Bouxières forme la limite sud, fait partie des sites protégés par le Conservatoire des Sites Lorrains et fait partie du programme Natura 2000 .


Au premier plan les ruines d'un grand abri,
 au fond et au centre du cliché, la ville de Metz

Le Froidmont

Butte témoin détachée des côtes de Moselle, le Froidmont, avec ses 394 m est depuis l'antiquité un haut lieu religieux et historique. Au Moyen-âge il se trouvait à la frontière des terres lorraines et messines. En 1153, les Messins subirent un échec en voulant prendre Mousson et durent se replier ici. Saint-bernard de Clairvaux, médiateur nommé par l'Archevêque de Trêves réussit à négocier un traité de paix. L'église élevée à la mémoire de ceux qui périr lors de cette bataille fut démolie en 1747 sur ordre de l'évêque de Metz, ses pierres servirent à la construction de l'église actuelle du village de Bouxières. Le Froidmont restera cependant un lieu de culte et de pèlerinage. A l'emplacement du choeur de l'ancienne église, une croix de mission s'érigea en 1827, puis, vînt une chapelle, détruite en 1914, accueillant l'effigie de Notre-dame de Froidmont. Le lieu, avec sa chapelle rétablie après la Grande Guerre, fut l'objet de nombreux pèlerinages jusqu'en 1973.

En 1871 la frontière franco-allemande a été matérialisée ici, sur les pentes du Froidmont, par des bornes dont certaines sont encore visibles aujourd'hui. La guerre était à peine déclarée que les Allemands occupaient ici le terrain sans attendre.

Le Froidmont surplombe la vallée de la Moselle de 200 m et commande toute la zone de Pont-à-Mousson. Il regorge d'ouvrages fortifiés. Les Allemands ont su mettre à profit l'emplacement faisant face à la colline du Xon et ayant vue directe sur Pont-à-mousson, Blénod, la colline de Cuite et le Bois le Prêtre. Les ouvrages bien construits, parfaitement défilés, sont remarquables par la qualité des faces arrières qui encadraient les zones de repos des soldats et par leur état de conservation, malgré le fouillis végétal qui les recouvrent et le sans-gêne de certains les ayant considérés comme des dépotoirs.

C'est depuis cet endroit que les batteries d'artillerie pilonnèrent sans cesse Pont-à-Mousson.

Précision : Ces installations sont quasiment toutes situées sur le ban communal de Champey sur Moselle (Schreibstube, Grauer Bär), qui était village frontière à cette période.

Les ouvrages de "repos" situés à l'arrière

Grauer Bär


 


Construit en 1915
par la 4ème compagnie du 30ème régiment d'infanterie

L'abri, représenté était nommé l'ours gris "Grauer Bär" et date de 1915. Il comporte de nombreuses inscriptions dont l'une, très longue, semble rédigée en un dialecte assez différent de l'allemand classique. L'intérieur était peint en blanc et les murs comportaient de nombreux crochets.
Les clichés en noir et blanc proviennent d'un ouvrage emprunté il y a bien longtemps et dont je n'ai pas gardé, hélas, les références. Merci à son auteur que je salue ici en le priant de bien vouloir m'en excuser.

Les clichés en couleur du Grauer Bär datent d'avril 2007 et m'ont aimablement été transmis par Alain D. que je remercie à nouveau chaleureusement


 

Ici, il s'agit d'un bâtiment vraisemblablement érigé en 1916 ayant pu servir de poste de secours.

 

 

 

 

 

 


 

 

Schreibstube

 

Cette grande construction date de 1914. Faisant office de bureau "Schreibstube" elle est largement décorée

 
Les blockhaus avant

Sur les 3 clichés ci-dessous il s'agit des
ouvrages de tête placés au sud de la chapelle.

Cliché de droite, un des blockhaus surplombant la chapelle et la vallée de la Moselle.

Cliché de gauche, arrière de l'ouvrage à priori le plus au nord de la chapelle.

Tout ceci est difficilement accessible à ce jour, la végétation est dense et les ravins profonds. De plus la réouverture de carrière de calcaire et la construction d'une énorme piste d'acheminement pour la construction de la LGV-Est a récemment bouleversé le paysage. L’exploitation de la carrière a fait de gros dégâts, certains ouvrages ont complètement disparu.
Fort heureusement une association locale à mis en place une pétition qui a  stoppé l’exploitation, mais le site a perdu un peu de son âme.


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