Montauville (Bois le Prêtre)
plusieurs orthographes : le Bois le Prêtre ou encore le bois Le Prêtre
Voir également la nécropole nationale du Pétant ainsi que les témoignages écrits de conducteurs de l'American Ambulance Field Service Leslie Buswell et James R. McDonell
Page de La Grande Guerre en Lorraine de Michel Jacquot, dernière m à j : dimanche, 18. janvier 2009
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Carte du champ de bataille |
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Les actions autour de Pont-à-Mousson |
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Après la bataille de la Marne, les Allemands cherchèrent à prendre à revers la 3e Armée du général Sarrail, qui se battait toujours devant Verdun, en passant la Meuse vers Saint-Mihiel. Ils attaquèrent prématurément le 8 septembre sur les Hauts-de-Meuse, entre Saint-Mihiel et Verdun, et tentèrent de prendre le modeste fort de Troyon doté d’une bien faible garnison de 250 hommes seulement. Mais avec sa vingtaine de canons bien approvisionnés, ses soldats opiniâtres et surtout son commandant adroit et déterminé, le capitaine Heym du 166e RI, les Allemands échouèrent. Ecrasant le fort de leurs gros canons venus spécialement de Metz, puis attaquant avec deux bataillons, ils ne purent dépasser le pont-levis et se replièrent en perdant 600 hommes, tués ou blessés, dont un général. La 73e DI, en attente devant Toul sur le plateau de Haye, fut amenée par chemin de fer à Saint-Mihiel d’où quatre bataillons attaquèrent le fort le 12 septembre 1914. Ils battirent les Allemands qui reculèrent au pied de Hattonchâtel en abandonnant deux pièces de 305. Le fort de Troyon restera inviolé jusqu’à la fin de la guerre. Les Allemands réussirent alors plus au sud en s’emparant de Saint-Mihiel et de son fort du Camp-des-Romains, se dotant ainsi d’une tête de pont sur le fleuve. La 73e division, repartie sur le plateau de Haye, contre-attaqua de son propre chef, le 20 septembre en assaillant l’ennemi sur son flanc sud. Le général Lebocq, initiateur de cette offensive, eut des mots avec Dubail, commandant la 1ère armée, qui aurait aimé retirer toute la gloire de cette réussite. Une vive réaction, du XIVe corps d’armée allemand, rejeta dans un premier temps la 73ème sur la ligne Martincourt-Bernécourt mais la division Lebocq repoussa à son tour l’ennemi sur six kilomètres de profondeur. Le 168ème R.I attaqua Mamey et la forêt de Puvenelle. Le 367ème R.I attaqua le plateau de Lironville où il subit d'énormes pertes. Le 25 septembre, les Allemands se replièrent, commencèrent à creuser des tranchées, la guerre de position débuta. A l'ouest, vers Flirey, le 16ème corps du général Taverna arriva en renfort. Il déclencha les opérations de Bouconville à Flirey. Dans l'action, le célèbre champion sportif Jean Bouin, du 163ème R.I fut tué près de Xivray le 29 septembre. Les 31ème et 32ème D.I attaquaient le Bois de Mort-Mare tandis que la 73ème D.I attaquait le Bois le Prêtre. Du 22 au 25 septembre 1914,la 73ème DI perdra 3 500 tués ou blessés, essentiellement par les tirs de mitrailleuses, mais elle reprendra Flirey, Limey, Lironville, Mamey et l'obligera à s’abriter aux Bois-le-Prêtre. A la même période, d'autres combats se déroulèrent autour de Pont-à-Mousson pour la possession du Signal du Xon. (D'après "Témoignage d’un soldat de la 73e division d’infanterie" de Maître Charles François , notaire à Pont à Mousson et Colonel de réserve) La prise de position sur les lisières sud et est du Bois-le-Prêtre Le 26 septembre, la brigade mixte de Toul prend pied dans les bois du Pouillot (Glauriocôte), 2 500 m à l’ouest de Montauville et 1 700 m sous la Croix des Carmes ; puis une section du 167e prend le mamelon Vert et une compagnie du 47e RIT conquiert celui de Vide-Bouteille. Octobre est relativement clame, les âpres batailles du plateau de Haye ont marqué les deux camps. Cependant, les Français continuent d’avancer doucement à la sape, c’est-à-dire en avançant avec la tranchée en éboulant le front de taille vers l’avant, au milieu des taillis de Gloriaucôte et de la Fontaine des Cerfs, (au-dessus de ce que l’on nomme la pisciculture mais qui n’en est plus une), lors de cette avance les Allemands ne réagiront pratiquement pas. Après avoir doubler le champ de tir de la garnison de Pont-à-Mousson, le contact, avec un ennemi bien organisé, a lieu le 27 octobre. Le 29, à l’aube, une section du 167e RI s’empare sans aucune perte d’un solide poste allemand à la corne du bois au-dessus du cimetière actuel du Pétant. Le 30, les unités françaises attaquent sur toute la ligne « Quart en réserve » jusqu’au « mamelon de Vide Bouteille » et s’emparent des bordures sud-est de la forêt du Bois-le-Prêtre. Le 1er novembre, un bataillon du 167e les premières maisons du « Haut-de-Rieupt » en rencontrant une forte résistance mais cette position sera conservée durant tout novembre. Jusqu’à cette date, les règles traditionnelles de combats semblent avoir été respectées et, avec des positions fermement tenues par les Français, les Allemands étaient bloqués sur place mais prirent le temps de se retrancher sérieusement. (D'après "Témoignage d’un soldat de la 73e division d’infanterie" de Maître Charles François , notaire à Pont à Mousson et Colonel de réserve) Les actions au Père Hilarion Fin novembre 1914, les Français sont arrêtés par un redan de la ligne allemande disposé en travers du vallon où coule le ruisseau du Père Hilarion. Les Allemands avaient établis devant leurs positions des chablis et de solides réseaux de fil de fer. De même, ce mois de novembre leur avait laissé le temps de s’établir solidement et confortablement, tranchées et abris étaient garnis de matelas, couvertures et mobilier pris dans les villages des alentours. Sept bataillons de la 73ème attaquent ce saillant le 7 décembre, épaulés par une artillerie de récupération, qu’ils mettent eux-mêmes en position à l’extrémité de la tranchée de Pont-à-Mousson. A part les canons de 155 de la division, le matériel mis à disposition se révèle être six vieux canons de Bange de 90, amenés de l’arsenal de Toul, l’un sera placé à vingt mètres d’un poste de mitrailleurs allemands, et huit mortiers bronze de 15 cm datant de Louis-Philippe. Préalablement, dans la nuit du 6 au 7, les sapeurs avaient placés des charges de mélinite sous les abatis adverses. Le 7, à 8 heures du matin, l’attaque est déclenchée, elle a pour résultat de faire reculer les Allemands de 300 mètres. Il en sera de même les 8 et 9 décembre, ce jour là, les premiers hommes, 23e compagnie du 353e RI, atteindront la maison forestière. Les Allemands, dépossédés du Père Hilarion, s’empressèrent de franchir, avec le minimum de perte, la tranchée forestière menant au Haut-de-Rieupt, [probablement la route du Père Hilarion NDLR] endroit dangereux battu copieusement par les mitrailleuses françaises et une pièce de 90, placées au carrefour au-dessus de la sapinière. Les 9 et 10 décembre, la 73ème DI poursuit son avancée dans cette partie du Haut-de-Rieupt et enlève les premières lignes allemandes de Bois-Munier, défendues pied à pied par des unités ennemies plus solides. Ce repli des Allemands, précipité par les tirs de flanquement, prend un air de débâcle ; l’ennemi se disperse dans les taillis du Bois-de-la-Ville, vers Norroy et Villers-sous-Prény. On aurait pu croire, à ce moment, le Bois-le-Prêtre à la merci des Français. Mais il n’en était rien, les Allemands qui s’étaient défendus avec énergie jusqu’au Père Hilarion, puis s’étaient dispersés rapidement plus au nord, cachaient probablement un piège. Les Français, déconcertés par un comportement aussi étrange, prirent le temps de réfléchir à la suite à donner et se donnèrent quelques jours de répit afin de récupérer de ces six jours de combats difficiles. Aux environs du 20 décembre, des patrouilles françaises retrouvent les Allemands établis à la crête du Bois… Ces combats du Père Hilarion, guerre de sous bois et de tranchées, montés avec minutie par le général Lebocq, ont été un grand succès et démontraient une nette supériorité française sur un adversaire réputé pour sa suprématie en la matière. Durant ces journées, la 73ème DI aura avancé de 1 500 m sur un front de 4 Km ce qui nous oblige, eu égard à ses faibles moyens en artillerie et à la difficulté d'un terrain en forte pente vers le haut duquel se tenait l'ennemi, à témoigner une admirative gratitude à ces brillants soldats. (D'après "Témoignage d’un soldat de la 73e division d’infanterie" de Maître Charles François , notaire à Pont à Mousson et Colonel de réserve) |
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| Conquérir le sommet | |||||||||||||||||||||||||||||||
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« Du mois de décembre 1914
au mois de mai 1915, ce ne sont qu’attaques, contre-attaques, corps à corps,
explosions de mines, éclatements de bombes et de grenades. Nous avançons,
nous reculons, nous avançons de nouveau, et des trésors
de courage, de patience et de sang s’épuisent dans ce long piétinement. »
Ces mots poignants de Raymond
Poincaré, traduisent toute la grandeur et la misère des combats du Quart en
réserve : la véritable bataille du Bois-le-Prêtre. Chaque parcelle du
terrain a reçu le sang de ces braves et le sol y a été labouré et remué
maintes fois. Ici, certains éléments de tranchées ont changé quinze fois de
main. Sur les autres de champ de bataille de la Grande Guerre, y compris
Verdun, il est exceptionnel de trouver un secteur de combat où la lutte fut
si opiniâtre. (D'après "Témoignage d’un soldat de la 73e division d’infanterie" de Maître Charles François , notaire à Pont à Mousson et Colonel de réserve)
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Déroulement des actions au « Quart en réserve » Le terme vient probablement du Code des Forêts qui impose aux communes de diviser leurs bois «de manière à toujours garder un quart en réserve pour les besoins extraordinaires, le reste servant aux distributions annuelles d'affouage.» Dans de nombreux bois on retrouve une parcelle portant ce nom. |
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« Il existait, au Quart en réserve, trois grandes lignes de défense allemandes, en négligeant les tranchées accessoires : - la ligne des A et des Z ; - les lignes 8, 9, des L et des G ; - la ligne des C ; -------------------------------- Les tranchées françaises étant établies à une centaine de mètres des tranchées allemandes depuis le début du mois, la 2e compagnie du 168e ouvre les hostilités le 8 janvier 1915 en enlevant l’ouvrage A5 sur la lisière ouest du Quart. Les 17 et 18 janvier, le 168e et le 353e enlèvent la ligne des A et la ligne des P ; cette dernière est reprise par l’ennemi le 20, et sert d’enjeu à de sanglants combats qui dureront six semaines. Le 1er mars, le bataillon Chaumont enlève en lisière l’ouvrage BI ; les Allemands réagissent pendant quinze jours par dix fortes contre-attaques, sans résultat d’ailleurs. Le 15 mars, les Allemands font sauter cinq fourneaux de mines à la Croix-des-Carmes, sous la ligne des Z ; le 3e bataillon du 167e, capitaine Pierrard, réoccupe notre tranchée dans l’après-midi. Pendant tout le reste du mois, activité intense de bombes aériennes et de mines souterraines. Deuxième phase de la bataille, la 73e division attaque pour soutenir les opérations de la 1ère armée sur la hernie de Saint-Mihiel. Le 30 mars, à 8h45, le 167e, colonel Etienne, s’empare d’une partie de l’éperon hors bois et de la ligne des 8 ; réaction très violente de l’ennemi. Le lendemain, le 5e bataillon du 346e, commandant Rozier, atteint la ligne C ; le lieutenant Devernois, du 167e réussit un brillant fait d’armes au secteur hors bois. A 21 heures, cinq compagnies du 169e, sous le commandement du lieutenant-colonel Mondain, enlèvent le village de Fey-en-Haye. L’attaque, ainsi fort bien engagée, ne peut plus néanmoins progresser, malgré nos efforts acharnés, parce que les batteries de 155 qui l’appuyaient sont retirées du secteur. Et cependant, le 10 avril, le bataillon Wirtz, du 356e et la compagnie Maix, du 169e réussirent une brillante progression au secteur hors bois. Nous nous arrêtons alors pour souffler, en même temps que la 1ère armée ; « souffler » est une expression imagée, car nous aurons en dix-huit jours à repousser neuf attaques allemandes. Troisième phase de nos attaques : le 1er mai, le 168e, commandant Le Roy, enlève la ligne des 9 ; le 12 mai, en fin de journée, le 169e atteint la ligne des C, mais une violente contre-attaque le ramène en arrière. Le 15 mai, à 5 heures, l’ennemi attaque sur l’éperon hors bois, après avoir fait sauter quatre fourneaux de mines ; après diverses alternatives, le 353e maintient ses positions ; dans l’après midi, le 167e et un bataillon du 169e prennent la ligne des C. La bataille est alors d’une activité prodigieuse, et il ne se passe pas de jour sans attaque de part et d’autre, appuyées par de multiples engins. Le 27 mai, le 167e et 367e atteignent la route de Norroy, que nous perdons puis reprenons le 30 mai (167e et 356e), et perdons encore le 1er juin. Enfin, le 8 juin, nous attaquons dans le secteur de la Croix-des-Carmes, après avoir fait sauter sept fourneaux de mines et exécuté un tir d’artillerie de 90 minutes ; le commandant Rozier, avec le 3e bataillon du 167e et le 5e bataillon du 346e, s’empare de trois lignes de tranchées ennemies. Pour la première fois depuis le mois de janvier, les Allemands ne réagissent pas. Nous avons l’impression de les avoir lassés, d’arriver à nos fins. Mais, infidélité du dieu Mars, la Division reçoit dès le lendemain l’ordre de s’en tenir à une stricte défensive, et, pour plus de sûreté, on lui retire une grande partie de son artillerie ; les 167e, 168e et 169e RI quittent le secteur et sont remplacés par la 16e division d’infanterie coloniale. L’ennemi, surpris par l’arrêt brusque de l’offensive, se ressaisit ; pendant les trois dernières semaines de juin, il écrase nos positions sous les projectiles, nous faisant perdre 1000 hommes, tués ou blessés, et ne nous laissant pas le temps de réparer nos tranchées. Le 4 juillet, une puissante attaque allemande permet à nos adversaires de reprendre la majeure partie du terrain que nous avions acquis avec tant de peine depuis six mois. Ce n’est plus qu’un chaos, où les trous d’obus se touchent, où l’on ne distingue plus les tranchées, mais nous y laisserons le souvenir de tant d’héroïsme que la perte de ces quelques centaines de mètres de front est pour tous les Loups du Bois-le-Prêtre un douloureux arrachement. Le 8 juillet, les Allemands attaquent encore de part et d’autre de la tranchée forestière des Carmes, et progressent vers le Père Hilarion ; le jeu des contre-attaques, limite leur avance à 100 mètres de profondeur. Jusqu’au 15 août, ils prononceront encore une dizaine d’attaques partielles, mais sans résultat. Puis c’est fini : cette époque violente sera, pour l’un comme pour l’autre des belligérants, sans profit et sans lendemain ; tant de morts et tant de souffrances n’auront servi que la grande cause du devoir. Mais les survivants garderont la conscience d’un effort prodigieux, et cela leur servira jusqu’à la fin de la guerre ; au Bois-le-Prêtre, ils étaient allés jusqu’à la limite des forces humaines. » (D'après "Témoignage d’un soldat de la 73e division d’infanterie" de Maître Charles François , notaire à Pont à Mousson et Colonel de réserve) |
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| Après la tempête, vînt la période "calme" | |||||||||||||||||||||||||||||||
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Les derniers mois de 1915 verront encore quelques violentes attaques qui ne seront pas totalement exploitées. Jusqu’à la fin de la guerre, il n’y aura plus que de petits mouvements intermittents, patrouilles,coups de mains, et des bombardements, toujours sérieux et visant uniquement les premières lignes. Les boyaux ennemis, suite aux combats, sont très proches, à 10 mètres quelquefois, et les combattants des deux camps peuvent s’entendre parler ou fredonner. En plusieurs endroits, les sentinelles sont protégées des jets de grenades par des grillages, surnommés communément « cages à poules ». Mais malgré cette relative tranquillité, il y a toujours de nombreux tués, soit parce que tout tireur à de bonnes chances de faire mouche, des tireurs d’élite allemands s’en donneront à cœur joie sur les porteurs d’eau de la fontaine du Père Hilarion distante de 1 Km environ. Aussi et surtout, car on se provoque en duels au moyen de sournoises grenades à fusil, de mines en formes de tuyaux de poêle, qui voltigent en l’air comme de curieux bâtonnets de jongleurs et surtout de terribles torpilles de 240 mm, qui transforment un abri et ses occupants en une masse boueuse. De 1916 au début de l’été 18, neuf divisions françaises se relayeront sur le secteur dont les lignes sont maintenant figées. Une division américaine viendra les remplacer lors de l’été 18 et un beau matin de septembre, elle découvrira le retrait des troupes allemandes parties à 4 Km, dans la forêt des Venchères entre Vilcey sur Trey et Viéville. Le Bois-le-Prêtre aura été reconquis sans un coup de feu………. |
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| Les combattants | |||||||||||||||||||||||||||||||
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Ce qui m’a le plus frappé chez mes excellents camarades de la 73e division, c’est l’application, la conscience, voire même la passion qu’ils apportaient à l’exercice de leur devoir. Sur aucun autre point du front, sinon à Verdun, je n’ai trouvé un pareil souci minutieux d’organisation, une semblable solidarité dans la défense des moindres morceaux de tranchées, une aussi grande volonté de tenir à tout prix. Peut-être entrait-il dans cet état d’esprit quelque sentiment de piété douloureuse pour ce bois sacré où tant de combattants sacrifièrent leur jeunesse. Nous avons appelé plus haut quelques paroles de Raymond Poincaré ; nous ne saurions mieux terminer cet aperçu que par une nouvelle citation de notre éminent compatriote : De toutes les visions d’horreur que la guerre m’a offerte, c’est au Bois-le-Prêtre que j’ai peut-être vu les plus effroyables. J’y suis allé plusieurs fois, et j’y ai vu aux premiers jours d’hiver nos soldats merveilleux d’endurance au milieu de l’humidité et de la boue. Mais la visite qui m’a laissé le souvenir le plus ému, je l’ai faite un jour d’été, par une chaleur torride, alors qu’à la lisière du bois les mouches bourdonnaient autour des cadavres couverts de branchages, et que le soleil dardait sur les tranchées des rayons que ne tamisaient pas les arbres dépouillés par la pluie des obus. Je montai jusqu’aux premières lignes, en suivant les boyaux où la température était celle d’une fournaise, et je trouvai, derrière les créneaux, des hommes, qui au milieu des blessés non encore évacués et des morts non ensevelis, veillaient tranquillement à la sécurité de la position. C’étaient des soldats de cette 73e division d’infanterie qui a si vaillamment défendu Pont-à-Mousson jusque dans le courant de 1915. Ils étaient là, debout, attentifs, le regard fixe, indifférents à tout, sauf à leur consigne et à leur devoir, véritable image de la patrie aux aguets. » Hommage qualifié, hommage déférent, hommage mérité, aux combattants du Bois-le-Prêtre, auxquels les Allemands ont si justement donné le nom de Loups. (D'après "Témoignage d’un soldat de la 73e division d’infanterie" de Maître Charles François , notaire à Pont à Mousson et Colonel de réserve) |
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| Cadre géographique | |||||||||||||||||||||||||||||||
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Le Bois le Prêtre est un massif forestier de 800 hectares, au nord-ouest de Pont à Mousson, dominant à l’est la vallée de la Moselle, s’avançant en pointe vers le plateau de Haye; son point culminant est à la Croix des Carmes, 372 mètres, à peu près l’altitude de la colline de Mousson, de l’autre côté de la Moselle.
Ce fut l’un des points de friction les plus notoires dans la
guerre de position en1915, avec l’Argonne, les Eparges, la forêt d’Apremont
et l’Hartmannswillerkopf ; sur ce front étroit, il a été engagé en dix mois
132 actions, offensives ou défensives ; les pertes ont été effroyables :
7083 morts du côté français, 6982 morts du côté allemand.
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Les combats du Bois-le-Prêtre |
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![]() L'hiver au Bois-le-Prêtre (Collection personnelle de Dominique Bac) |
![]() Ancien boyau allemand au Bois-le-Prêtre (Collection personnelle de Dominique Bac) |
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En septembre 1914 la Woëvre fut envahie par le XVIème corps d'armée prussien venu de Metz tandis que le 6ème armée impériale allemande attaquant par l'est tentait d'atteindre la Moselle.
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Stabilisé, le front devint un lieu d'affrontements continuels. D'octobre 14 à 1916, les Français menèrent des assauts sans cesse renouvelés où périrent des dizaines de milliers d'hommes. Grenades, artillerie lourde, gaz, liquides enflammés, tout fut employé dans les deux camps. Les bois furent dévastés, rasés au sol, les villages furent détruits. Plusieurs, Fey, Regniéville, Reménauville disparurent sous les bombardements. L'arrière des lignes se couvrit de troupes, de dépôts de munitions, de cimetières militaires, de camps de cabanes en bois pour loger hommes et chevaux. En 1915 la Ière armée déclencha une vaste offensive qui dura d'avril à juin. Les français progressèrent au Bois le Prêtre et au Bois de Mort-Mare. L'année s'écoula en combats incessants. L'infanterie de la 73ème D.I devînt célèbre sous le nom des "Loups du Bois le Prêtre". (Source de ce texte : Ministère des Anciens Combattants et Victimes de Guerre)
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Les nécropoles françaises du Bois-le-Prêtre et du Bois de Mort-Mare |
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Durant la Grande Guerre les soldats morts sur le front sud du saillant furent ensevelis dans de nombreux cimetières, Lironville, Flirey, Noviant aux près etc.. tandis que les blessés décédés à l'hôpital militaire de Toul furent enterrés au cimetière de Choloy-Ménillot. A Montauville les brancardiers de la 73ème D.I créèrent un cimetière pour déposer les morts du Bois le Prêtre. après la guerre, lors de la restitution des corps aux familles, de nombreux petits cimetières militaires e l'ancien front furent supprimés. Seules subsistèrent 5 nécropoles accueillant les dépouilles mortelles non réclamées. Agrandies et aménagées en 1924 elles devinrent nationales. Les opérations de regroupement durèrent de 1920 à 1938. Des travaux d'embellissement eurent lieu grâce à la loi de finances du 11 juillet 1931. Le ministère des pensions fit construire de nouveaux portails, des ossuaires avec frontons, poser un mât aux couleurs. Sur les tombes, les emblèmes de bois furent remplacés par d'autres de deux types, croix et stèles, réalisés en ciment et portant des plaques individuelles métalliques. Les stèles étaient de 3 sortes, musulmane, israélites et libre-penseur. Des plantations d'arbres, de haies, de rosiers poussèrent. Des monuments s'édifièrent à Montauville, Lironville et Choloy dédiés aux morts du Bois le Prêtre.
Ces 5 nécropoles sont entretenues par le Ministère des Anciens Combattants et Victimes de Guerre. (Source : Ministère des Anciens Combattants et Victimes de Guerre) |
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Témoignages |
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"Pour préparer l'attaque, nous creusions des boyaux avec une rapidité telle qu'en moins d'une semaine nous étions arrivés à 10 m des tranchées allemandes. C'est vous dire qu'on échange des politesses, à savoir des grenades à mains." "Anecdote" rapportée par le lieutenant J... lettre de 1915 - La Croix des Carmes - Jean Variot - Berger-Levrault 1916 |
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"Elle, (une lettre) est tombée à nos pieds ficelée à un gros caillou. Elle disait : "Nous savons que nous avons devant nous les loups du bois Le Prêtre, et que vous voulez la Croix des Carmes. Venez donc la prendre". Ils n'avaient pas tort de nous appeler les loups du bois Le Prêtre, ce dont nous sommes très fiers." La Croix des Carmes - Jean Variot - Berger-Levrault 1916 |
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Le Saillant de St Mihiel La
tentative d'encerclement de Verdun, objectif majeur des Allemands pour saper le
moral français, se solda par un échec grâce, notamment, à la résistance du fort
de Troyon. Le Bois-le-Prêtre, (Source des cartes : Ministère des Anciens Combattants et Victimes de Guerre) (Source : Ministère des Anciens Combattants et Victimes de Guerre et ONF) La colline du Bois-le-Prêtre, où la Croix-des-Carmes culmine à 327 m d'altitude, surplombe la Moselle au nord-ouest et face au signal du Xon. Les Français, 128ème D.I et surtout 73ème D.I de Toul du général Lebocq, seront face aux 37è et 46è I.R du général von Strantz. La zone fut investie dès septembre 14 par les Allemands. Les Français reprendront la lisère sud en novembre et le Père Hilarion en décembre. Le sommet de la côte fut le théâtre de furieux combats (essentiellement du 8 janvier au 15 août 1915). Le front ne mesurait pas plus de 1 500 m de large sur 600 de profondeur. Les points forts étaient la Croix-des-Carmes, le Quart-en-Réserve du bois de Fey et la zone du Père Hilarion. Les crapouillots et les mortiers de tranchées prévalaient sur l'artillerie traditionnelle dont les tirs tendus ne permettaient pas d'atteindre les tranchées adverses, très proches On eut recours, ici également, à la guerre des mines comme aux Eparges ou à Vauquois. En moins de 8 mois, 7 000 soldats français, soit près de 1 000 par mois, périrent. 22 000 furent blessés, les Allemands eurent des pertes similaires. Les combats les plus âpres s'y déroulèrent, Raymond Poincaré dira "de toutes les visions d'horreurs que la guerre m'a offerte, c'est au Bois le Prêtre que j'ai vu les plus effroyables" Les Allemands l'appelaient Priesterwald mais le surnommaient Wittenwalden (Witwenwald), "Bois des veuves...." ou Hexenkessel "Chaudron de sorcière...." Le lieu-dit "la Croix de Carmes" ainsi que la fontaine et la maison forestière du Père-Hilarion sont les symboles majeurs de ce carnage. Le Quart en réserve |
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(Dessin de C Rollin Imp. Vagner 1940) |
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Couverture d'un illustré paru pendant la guerre |
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La 73ème Division d'Infanterie de réserve |
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La bataille fut conduite du côté français par la 73e division d’infanterie, basée à Toul, à la tête de laquelle se trouvait chef éminent, le général Lebocq à qui l’on reprocha de nombreuses attaques infructueuses. Ces griefs sont mal venus sachant que, d’une part il n’a fait qu’exécuter les ordres formels de la 1ère armée du général Dubail et que par ailleurs, économe de la vie et des souffrances de ses hommes, il ingérait inlassablement dans la mise au point des directives d’attaques pour en limiter les risques. Un exemple, Joffre fit connaître à Lebocq le 29 mai 1915 son vœu de voir enlevé le Quart en Réserve « à tout prix » lors de l’attaque prévue le lendemain.Au début des combats, elle fut confrontée aux 37e et 46e régiments d’infanterie, dépendant du Ve corps allemand, de Posen ; sous le commandement du général von Strantz qui fonda ultérieurement une modeste université à Conflans-Jarny destinée à ses soldats. Cela lui valut après la guerre un fauteuil à l’Académie littéraire de Berlin. Cette division appartenant à la Ième armée française comportait beaucoup de lorrains du Toulois. Ces hommes, habitués à la vie rude du paysan lorrain, connaissaient parfaitement le terrain. La division commandée par le général Lebocq comportait 3 brigades composée en août 14 de la manière suivante : |
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145è brigade de réserve Colonel Nansouty 364, 353 et 356 R.I 165è brigade de réserve Colonel Malaguti 367, 368 et 369 R.I Brigade mixte Colonel Riberpray 167, 168 et 169 R.I Ces deux derniers régiments comportaient 2 bataillons chacun. La brigade mixte, incorporée jusqu’en juillet 1915 à la 73e DI deviendra à cette date la 128e division |
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Les Loups du Bois-le-Prêtre et l'insigne de la 73ème Division |
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Ce sont les Allemands eux-mêmes qui semblent avoir surnommés les combattants français. On trouve dans le livre "Hommes et ouvrages de la ligne Maginot ", Tome1 de Jean-Yves Mary et Alain Hohnadel : "Après les combats du Bois-le-Prêtre (du 27 septembre 1914 au 18 juin 1915), les Allemands baptisent "loups" leur glorieux adversaires de la brigade de Toul (167e, 168e et 169e RI) et de la 73e DI. (Y Laffont)" Dans cet ouvrage et toujours de la même plume on trouve "Après ces combats, la brigade de Toul entre dans la formation de la 128e DI. Le général commandant cette division adopte alors pour insigne une tête de loup entourée d'un cercle de lauré" |
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Ci-dessus deux clichés dus à S Greffe sur http://identifikator.free.fr/ins168.htm |
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L'immédiat après guerre La visite du champ de bataille, après la guerre, frappait par l’exiguïté des secteurs de combat. Montauville, village tout proche, ne fut pas évacué de ses habitants et de nombreux vieux murs, belles futaies et autres objets du voisinage ne souffrit pas car la bataille fut concentrée au sommet du bois où elle anéantit la moindre parcelle. Étrangeté de ces combats de 1915 ; on vivait normalement à un jet de pierre des premières lignes, Raymond Poincaré distribuera des croix sur la tranchée forestière de Fey et en 1916 on verra Sarah Bernhard Père-Hilarion. Ceci s’explique peut-être par le fait qu’il s’agissait essentiellement d’une guerre entre fantassins, 63 artilleurs périrent sur 7000 combattants, qui se battaient sauvagement à coups de crosses, à coups de couteaux, à coups de n’importe quoi. |
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Les vestiges encore visibles |
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Après plusieurs décennies de stérilité, aujourd'hui le champ de bataille est redevenu forêt ou champ de
maïs. Attention il est DANGEREUX de s'y promener, ne pas laisser les enfants y aller seuls et ne pas s'écarter des sentiers. On trouve également l'embase maçonnée d'une cellule de guet, à l'époque elles étaient surmontées d'une cloche métallique dont l'une subsiste au Pétant. |
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Piquet "queue de cochon" que l'on retrouve encore aujourd'hui assez couramment dans les clôtures de nos près. |
Chevaux de frise |
Pointes toujours acérées, 88 ans après |
Barbelés, quelle chance avaient-ils de passer à travers sans dommage ? |
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Tranchées |
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sur ce cliché on voit encore parfaitement les chicanes destinées à limiter les risques des tirs en enfilade. |
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Le sol, témoin des combats Là où les villages détruits, à Regniéville et Reménauville n'ont pas été reconstruit, ou pas au même endroit, sur le site de ancien village de Fey-en-Haye par exemple, subsistent aujourd'hui quelques fleurs qui en ornaient les jardins : dames de 11 heures, ancolie, lilas ou encore la pervenche. D'autres plantes sont apparues telle cette petite fleur, "l'herbe aux yeux bleus" provenant de la côte atlantique et ramenée probablement par les soldats américains avec le fourrage de leurs chevaux. Ces bornes jalonnent tout le front de la Grande Guerre. Placées le plus près possible des anciennes lignes allemandes elles signent les points importants du front. Toutes identiques, hormis le bandeau précisant le lieu, elles représentent : - le casque Adrian 1915 - le bidon français à la forme singulière - le masque à gaz 1917 - deux grenades offensives Le reboisement de certaines forêts Certaines forêts de feuillus entièrement détruites par la Grande Guerre ont été replantées en résineux. Les forêts domaniales du Front-de-Haye, des Hauts-de-Mad et du Bois-le-Prêtre ont été reboisées par l'Etat afin de fournir du bois rond (les forestiers craignaient une pénurie suite à la révolution russe de 1917). Cela explique pourquoi certaines zones de combats subsistent par leur vestiges alors qu'ailleurs tout a été nivelé et remis en culture. |
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La chanson du Bois-le-Prêtre |
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Le Bois-le-Prêtre 1er couplet Pont-à-Mousson, brave cité lorraine avait un bois renommé de partout Qui souvent pour les Mussipontaines Et les garçons un charmant rendez-vous On l'appelait le joli Bois-le-Prêtre quand cette guerre vint amener chez-nous l'Empereur allemand qui crut être le maître Le mit sans dessus dessous. 1er refrain Et sa canonnade, éventra nos promenades Mais ses obus, ses grandes, ne nous faisaient pas peur C'était pour la France, c'était pour la délivrance Que nous avions l'espérance D'être les vainqueurs. 2ème couplet Le chef du 369ème, dit à celui du 5ème bataillon Vous êtes ici pour la lutte suprême Il vous faut prendre le Père Hilarion C'est entendu gonflez vos cartouchières A moi les gars, dit-il à ses poilus |
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Je compte sur vous, faut pas faire de manières Mort aux casques pointus 2ème refrain Quelle marmelade, c'était une vraie salade Les Boches criaient "Kamarades", les mains à genoux Mais une voix nette chargez à la baïonnette La fontaine prise de la fête Etait bien à nous 3ème couplet Les 75 d'une voix merveilleuse Dont le concert assurait le plain chant Accompagnés par nos petites mitrailleuses Nos Crapouillots suivaient le mouvement A chaque obus dans leur tranchée les Boches Comme des fous fuyaient épouvantés Mais nos Lebel fauchaient tous ces alboches Dans le fond des fossés. 3ème refrain Et l'artillerie, le génie, l'infanterie Dans ses tranchées bien blottis, prêts à s'élancer La pipe à la bouche, nos territoriaux farouches devaient porter les cartouches Aux troupes engagées. |
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4ème couplet Pont-à-mousson malgré tous tes tourments Malgré tes deuils et malgré tes misères sous les obus tu restes calme et fière Et ton devoir tu le fais simplement Au jour prochain, jour de la délivrance Au jour bénit, jour qui ne peut tarder tu recevras les saluts de la France Tu l'as bien mérité 4ème refrain L'aigle germanique Plumons-le à coup de trique De l'Empereur et de sa clique et de tous ces bandits Supprimons la race, et qu'il n'en reste plus trace allons, Alliés, point de grâce Purgeons le Pays |
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Un poème de guillaume Apollinaire où il parle du Bois-le-Prêtre Ecrivain et poète français, de son vrai nom Wilhelm Apollinaris de Kostrowitzky, Guillaume Apollinaire fut blessé en 1916 et mourût de la grippe espagnole en 1918 avant l'armistice à l'âge de 38 ans. |
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Poèmes divers
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Un peu de géologie |
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Le président Poincaré en visite au bois-le-Prêtre
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