James R. McConell


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Page de La Grande Guerre en Lorraine de Michel Jacquot, dernière m à j : dimanche, 02. mai 2004

Les ambulanciers américains au Bois le Prêtre ou "Autour du Bois le Prêtre, la "forêt de la mort "


James R. McConnell fut tué dans un combat aérien l'opposant à deux avions allemands, au-dessus des champs de bataille de Somme, près du village de Flavy-le-Martel, dans le département de l'Aisne, le 19 mars 1917. De ce fait il est le dernier pilote américain de l'escadron à mourir sous des couleurs françaises, avant l'entrée américaine dans la guerre en avril 1917. ci-dessous, la stèle érigée à l'emplacement où il est tombé.

à gauche  Paul A. Rockwell à droite, Wilbur Forest

de nombreux renseignements sur
http://www.lib.virginia.edu/speccol/exhibits/mcconnell/

Récits de James R. McConnell

Pont-à-Mousson sous les bombardements, juillet  1915

C'était un jour de bombardement  général. Les shrapnels et les 77 éclataient un peu partout et l'on devait zigzaguer, pour éviter les endroits dangereux, en ralliant les postes de secours qui semblaient particulièrement visés. Les 75 français leur répondaient et l’on pouvait voir exploser les obus sur les crêtes d’où tiraient les batteries.

C'était une belle journée. Le vert vif des collines se reflétait dans les méandres de la rivière, alors que le blanc des shrapnels éclatant au-dessus de la route se mariait au rouge des toitures. L'ensemble était souligné du noir des immenses colonnes de fumée montant des impacts des grosses pièces. De petits groupes de soldats, dont les uniformes ajoutaient leur touche de couleur au tableau, se mirent à l’abri d’un muret pour observer les tirs. L’on sentait l’excitation les gagner, une animation qui n’avait rien de commun avec l’horreur habituelle des combats de tranchée, cette nouvelle forme qu'avait pris cette guerre.

Le travail la nuit est difficile, surtout les nuits sans lune. Aucune lumière n'est permise, et dans ce noir d'encre les bruits du front [Le ton  est bien différent, McConnell décrit maintenant le travail de nuit des ambulances] se mêlent au charivari des interminables trains d'artillerie et de ravitaillement ferraillant le long des chemins. On remonte convoi après convoi, nous heurtant aux sentinelles surprises nous sommant « Halte, qui va là ? », vous chuchotez alors le mot de passe. De temps à autre, la lumière d’une fusée d'éclairage tombant lentement sur les tranchées, inonde de lumière le paysage et là, n’importe qui peut vous descendre.

C’est aussi la nuit que notre travail devient plus dur. C’est l'heure des attaques et des contre-attaques et de très nombreux hommes sont blessés. Certaines nuits, chacune des vingt voitures sera de service. C'est alors que l'on voit les plus affreuses blessures, hommes aux jambes et bras arrachés, visages mutilés, blessures affreuses sur tout le corps. C'est le moment où les hommes meurent dans les ambulances avant d’atteindre les hôpitaux, et je crois que pratiquement chacun des conducteurs de ma section a vécu au moins une fois une telle expérience, aussi  pénible soit-elle.


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